REPORTAGE – Cette enclave américaine destinée à dissuader Kim Jong-un s’affirme comme un nouveau pivot stratégique face à Pékin selon la nouvelle doctrine du Pentagone.
Au checkpoint, les batteries de missiles Patriots pointent vers le ciel moite, déjà lourd de la mousson, tels des gardiens incongrus dans cette tranquille périphérie du grand Séoul. Une fois franchis les barbelés et les contrôles de sécurité, les rizières laissent place à un décor de « suburbs », le long de la « Pacific Victors avenue », entrecoupé de véhicules blindés et de baraquements gagnés sur les marécages.
« Ici, c’est le terrain d’entraînement des Marines. Là, ce sont les casernes pour les soldats sans famille, et voici la chapelle. C’est comme une petite ville » explique notre guide à Camp Humphreys, la plus grande base américaine au monde, hors du territoire national. À cent dix kilomètres au sud des positions d’artillerie du leader suprême Kim Jong-un.
Ici, le dollar remplace le won sud-coréen à la caisse et le bibimbap laisse place au « pancake platter » à la cantine, fleurant bon le Midwest. « Our customers are heroes » (Nos clients sont des héros) proclame…
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