«Je veux juste profiter du moment, sans penser à l’histoire», assure Tadej Pogacar


Le Slovène a, ce dimanche à Paris, remporté un cinquième succès sur le Tour. Une victoire totale.

Dans la grande histoire du Tour. Après 2020, 2021, 2024 et 2025, Tadej Pogacar a, ce dimanche sur les Champs-Élysées, remporté son 5e Tour de France et rejoint les recordmen Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain. Comme l’an dernier sous la pluie lors d’un duel intense avec Wout Van Aert, le maillot jaune s’est appliqué à être au cœur de la lutte jusqu’au bout durant la 21e et dernière étape du Tour (réduite à 89 km pour soulager les services de sécurité dans la «situation exceptionnelle liées aux incendies» en France, notamment en Gironde et dans les Landes) remportée au bout du suspense par le Néerlandais Mathieu Van der Poel.

Heureux, après une édition record (43,227 km/h), Tadej Pogacar a vite résumé à l’AFP, avant le protocole : «Pour gagner le Tour de France, il faut souffrir beaucoup, déjà juste pour y être, et ensuite pour affronter tes plus grands rivaux, tous en super forme, oui j’ai souffert (…) Maintenant j’ai besoin d’un nouvel objectif. On vient de réaliser un rêve, ne nous précipitons pas, savourons d’abord.» Avant de s’exprimer longuement en conférence de presse. Un moment convivial, partagé avec son équipier mexicain Isaac Del Toro (3e et maillot blanc de meilleur jeune) qui a glissé, amusé : «Tu as eu de la chance, je t’ai laissé gagner». Extraits.


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Les derniers kilomètres partagés avec Mathieu Van der Poel sur les Champs-Élysées

«Il n’y avait pas de mots, il n’y avait pas de communication, mais nous avons tous les deux roulé jusqu’à la mort, jusqu’à la fin. Et je suis tombé en panne sèche. Je savais que nous devions tout donner. Il savait que nous devions tout donner, alors nous nous sommes engagés, et il a remporté une belle victoire.»

Un 5e Tour pour l’histoire

«Je veux juste profiter du moment de la victoire. Que ce soit la cinquième victoire ou la première, peu importe. C’est incroyable de porter le maillot jaune et de franchir la ligne à Paris, en le remportant. Je vais donc simplement profiter du moment, sans penser à l’histoire, à une fête ou autre chose. Je veux juste vivre ce moment, rentrer chez moi, me détendre et apprécier les petites choses de la vie également. Je suis vraiment heureux et fier de gagner ce cinquième Tour. Mais chacun d’eux a une histoire différente, une signification différente et des émotions différentes. Et chacun d’eux est incroyable.»

Son programme

«Je vais rentrer chez moi. J’ai un critérium dans ma ville natale vendredi soir avec quelques invités spéciaux du Tour, de grands coureurs. Alors merci à tous ceux qui viennent. Et le ‘’Pogi Challenge’’ avec les familles, les enfants et les amateurs dimanche. Donc un grand week-end pour moi. Nous faisons beaucoup de travail là-bas pour ma fondation. Et puis j’espère pouvoir voir une étape du Tour de France Femmes (1-9 août) pour voir Urska (Zigart, sa compagne) courir. La Vuelta (22 août-13 septembre, de Monaco à Grenade) ? Si la Vuelta commençait demain, je dirais non. Mais dans deux semaines, je n’ai pas encore décidé.»

Les contrôles antidopage nocturnes

«À mon avis, 2h pour Jonas (Vingegaard), c’était un contrôle fou, 5h c’est aussi un peu bizarre, mais ce n’est définitivement pas le plus bizarre. Depuis que je participe au Tour depuis 2020, nous avons eu des contrôles fous comme, je ne sais pas, avant les étapes reines beaucoup de fois. Mais ils font leur travail, et ça fait partie de ma vie. Quand j’entends frapper à ma porte, la première chose qui me vient à l’esprit, c’est que c’est un contrôle. Et pour moi, c’est comme aller au supermarché. Donc cela n’a plus rien d’inhabituel car j’en ai eu tellement ces dernières années que ça fait vraiment partie de ma vie maintenant.»

Plus heureux qu’en 2025

«Je ne dirais pas que l’année dernière j’étais en train de faire un burn-out, mais j’étais bien conscient que cela pouvait arriver. Je le suis encore maintenant. Le burn-out ne signifie pas que vous êtes triste un jour ou que vous ne vous sentez pas bien un jour sur le vélo. Le burn-out signifie que vous êtes chroniquement fatigué et que vous n’êtes pas heureux sur le vélo quand vous allez rouler. Tout cela ressemble à un travail pour vous, et c’est difficile. Je suis conscient que cela peut arriver si vous poussez trop fort, trop loin. C’est pourquoi je ne veux pas dire maintenant, juste après le Tour de France, que je vais à la Vuelta, que je vais faire toutes les courses. Il faut aussi penser à cela et garder les pieds sur terre.»


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La nouvelle génération

«Elle semble très prometteuse, et je suis heureux d’avoir Isaac à mes côtés, et que je puisse peut-être être une sorte de mentor, peut-être que je peux lui apprendre une chose ou deux, mais il est déjà assez intelligent. Et beaucoup d’autres jeunes coureurs arrivent aussi très forts. L’avenir du cyclisme est prometteur pour l’année prochaine…»

Propos recueillis en conférence de presse



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