Les déclarations tempétueuses de Téhéran comme de Washington, ainsi que des attaques revendiquées en mer Rouge, au Koweït ou en Jordanie, ont fait de nouveau monter les prix du pétrole ce jeudi.
C’est un cap, mais peut-être pas encore un pic. Ce jeudi après-midi, le baril de Brent de la mer du Nord, qui fait référence au niveau mondial, a dépassé la barre hautement symbolique des 100 dollars. Un palier redouté, atteint après une envolée rapide du cours de l’or noir à mesure que les tensions reprenaient au Moyen-Orient et s’étendaient en mer Rouge. De son côté, son équivalent américain, le WTI, s’affichait à 91,2 dollars, en hausse de 5,02%.
C’est la première fois que le baril de Brent atteint ce palier depuis la fin mai. Il a bondi de près de 30 dollars (soit 40%) depuis le début du mois de juillet. Alors que le président américain Donald Trump avait signé un protocole d’accord pour mettre fin au conflit avec l’Iran le 17 juin, les hostilités ont ensuite repris au Moyen-Orient, la situation restant inflammable. Ce jeudi, les déclarations tempétueuses de Téhéran comme de Washington, ainsi que des attaques revendiquées en mer Rouge, au Koweït ou en Jordanie, ont fait de nouveau grimper les cours de l’or noir.
Vers une inflation plus élevée que prévu ?
La reprise du conflit, après quelques semaines d’accalmie, est lourde de conséquences. «L’incertitude demeure élevée et l’incidence inflationniste du choc énergétique ne s’est pas encore totalement matérialisée», a prévenu le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), ce jeudi. «Le choc énergétique pourrait s’intensifier, et ses effets sur les prix et les salaires pourraient être plus forts que prévu», a ensuite précisé la présidente de l’institution, Christine Lagarde.
Sur le plus long terme, certains tirent la sonnette d’alarme : lundi, la banque d’affaires Goldman Sachs a indiqué que le baril de Brent pourrait atteindre voire dépasser les 120 dollars au quatrième trimestre, si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert bientôt. En aval, les consommateurs risquent d’en percevoir les conséquences rapidement et lourdement, y compris sur les prix à la pompe, déjà orientés à la hausse dans l’Hexagone.
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