Comment être un bon premier ministre britannique ? Rishi Sunak adresse à Andy Burnham son «guide» pour réussir à Downing Street


Dans une tribune publiée dans les colonnes du Times, l’ancien locataire de Downing Street (2022-2024) propose au tout nouveau chef du Labour ses conseils et astuces pour durer à ce poste difficile.

Andy Burnham n’a pas encore posé ses valises au 10 Downing Street qu’il reçoit déjà les conseils d’un ancien premier ministre du Royaume-Uni, en l’occurrence Rishi Sunak (2022-2024). Dans une tribune publiée dans les colonnes du Times et intitulée «Ce que cela fait d’être le nouveau premier ministre» («How it feels as a new PM»), l’ancien chef des Tories (le parti conservateur) propose au tout nouveau chef du Labour (le parti travailliste) son «guide» pour réussir son mandat. Andy Burnham, 56 ans et ancien maire du Grand Manchester, devrait officiellement succéder lundi à Keir Starmer. Son temps sera «court et précieux», prévient Rishi Sunak, et il faudra que «chaque heure compte». Voici comment.

Savourer les premières minutes au 10 Downing Street

Premier conseil de Rishi Sunak à Andy Burnham : «Savourer chaque seconde de son arrivée au 10 Downing Street», résidence officielle du premier ministre à Londres. Sunak regrette de ne pas s’être «accordé un seul instant de réflexion» lors de son premier jour, le 25 octobre 2022, adoptant une attitude d’emblée très sérieuse et pragmatique. «C’était une erreur. Les difficultés liées à ce poste ne tarderont pas à se présenter, il faut donc saisir cet instant et en profiter pour se préparer aux défis à venir», confie-t-il.


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Confier son agenda à une personne de confiance

Le deuxième conseil concerne l’agenda, aux exigences duquel «rien ne vous prépare», assure Rishi Sunak. «Aucun premier ministre ne peut allonger le nombre d’heures dans une journée ; il est donc impératif que vous ayez un plan pour savoir comment vous souhaitez les utiliser», poursuit-il, précisant que la gestion de l’agenda n’est «pas une tâche administrative, mais stratégique». L’ancien financier suggère ainsi de confier cette mission à une personne «qui vous connaisse et connaisse vos priorités».

Consacrer du temps à ses députés

Pour Rishi Sunak, il ne faut aucun doute que Keir Starmer, son successeur au poste, qui a démissionné le 22 juin dernier, a fait une «erreur de calcul» en ne s’occupant pas suffisamment de son groupe parlementaire, croyant pouvoir se reposer sur sa large majorité au Parlement. Il suggère ainsi à Andy Burnham d’y «consacrer du temps», à coups de petits-déjeuners, réunions et autres rencontres formelles ou informelles.

Se concentrer sur 2 ou 3 dossiers prioritaires seulement

Les contraintes de l’emploi du temps d’un premier ministre rendent «essentiel» de «définir» des priorités, avance Rishi Sunak. Mais attention : «Si vous affirmez que tout est prioritaire, rien ne le sera et la sclérose s’installera», prévient-il. Selon lui, un PM ne peut piloter personnellement que «deux ou trois dossiers» depuis Downing Street. «Il faut ensuite affecter les personnes en fonction de vos priorités. Vos ministres et vos hauts fonctionnaires les plus compétents doivent se consacrer aux dossiers essentiels à la réussite de votre mandat», ajoute l’ancien chef des Tories, surtout lorsqu’on est tenu d’«obtenir des résultats rapidement».

Bien choisir son ministre des Affaires étrangères

Le poste de ministre des Affaires étrangères sera la nomination «la plus importante» d’Andy Burnham, affirme Rishi Sunak. Lui se félicite d’avoir, en novembre 2023, confié le rôle à David Cameron. L’ancien premier ministre (2010-2016) lui a été «d’une aide inestimable». «Son expérience, alliée à ses compétences politiques et diplomatiques, m’a permis non seulement de disposer d’un interlocuteur privilégié pour les décisions les plus difficiles en matière de politique étrangère, mais aussi d’une personne capable de faire avancer notre programme — me libérant ainsi du temps à consacrer aux questions nationales», jure Rishi Sunak.

Déléguer à son chef de cabinet

L’une des clefs de la réussite d’un premier ministre, selon Rishi Sunak, est la bonne entente entre les ministres. Tout l’enjeu est de parvenir à «faire travailler ensemble» tout le monde, les uns provenant du monde politique, les autres de la société civile. «Si vous devez le faire vous-même, cela épuise votre capital politique bien trop rapidement», prévient-il, suggérant ainsi de confier la tâche au chef de cabinet. Andy Burnham a nommé à ce poste le travailliste James Purnell, ancien ministre travailliste sous Tony Blair puis Gordon Brown entre 2006 et 2009.


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Rishi Sunak salue ce choix. «En tant qu’ancien ministre, il (James Purnell) dispose de l’envergure et de l’ancienneté nécessaires pour mettre d’accord les ministres», assure-t-il. «Downing Street tirera également profit du fait que M. Purnell ait été éloigné de la vie politique pendant seize ans. J’ai constaté que les personnes qui revenaient au gouvernement après une période d’absence étaient souvent les plus efficaces. Elles comprennent le fonctionnement du système, tout en étant capables d’apporter les meilleures pratiques issues de l’extérieur.»

Établir des relations personnelles avec les dirigeants étrangers

Dernier conseil prodigué par Rishi Sunak, celui de construire des relations «personnelles» avec les dirigeants étrangers, parce que celles-ci «influencent la diplomatie internationale». «Nous n’aurions jamais pu mettre en place l’accord-cadre de Windsor (signé en février 2023 pour réduire le poids de la réglementation de l’UE en Irlande du Nord, ndlr) si je n’avais pas établi une relation de confiance avec Ursula von der Leyen , la présidente de la Commission européenne», explique l’ancien chef des Tories. Il explique avoir toujours eu pour «habitude d’insister pour que le plus grand nombre possible de réunions se déroule en tête-à-tête», afin de «parler librement».



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