CES FLEUVES À L’ÉPREUVE DU TEMPS (2/4) – Depuis l’invasion russe, le Dniepr est devenu la ligne de démarcation du front sud. Un obstacle naturel que chaque armée s’acharne à tenir sans pouvoir le franchir, et où les drones, l’artillerie et les mines sèment la mort au quotidien.
À Kherson, on ne pose plus les yeux sur le Dniepr depuis bientôt quatre ans. Il faut être bien téméraire – ou un peu fou – pour approcher ce grand fleuve de plus de 300 mètres de large qui borde la ville par sa rive droite, avant de former un large delta parsemé d’îles et de lacs ouvrant sur la mer Noire. Avant la guerre, les habitants se retrouvaient sur la promenade entre amis, en amoureux ou en famille. Les cafés illuminaient les rives pendant la saison des baignades, de la fin du printemps jusqu’au début de l’automne.
En contrebas, le bleu du Dniepr
La pente qui mène à l’eau a changé de visage. Un détachement de la 34e brigade marine progresse vers le fleuve dans le parc Slavy, à l’ombre des arbres, où scintillent des enchevêtrements de fibres optiques déposés par des drones. Ils avancent avec précaution. D’abord pour ne pas sauter sur une « mine papillon » que l’on pourrait prendre pour une feuille morte. Mais aussi pour éviter le crissement des débris de verre sous les semelles, qui pourrait les empêcher d’entendre…
Poster un Commentaire