Tadej Pogacar en fait-il trop ?


LA QUESTION DU JOUR – Le Slovène de l’omnipotente formation UAE Team Emirates a frappé fort lors de la 3e étape arrivant aux Angles avec la victoire d’étape et le maillot jaune.

OUI. Quand Tadej Pogacar offre la victoire (à son équipier mexicain Isaac Del Toro lors de la 2e étape à Barcelone), il voit se détacher les grimaces qui lui reprochent de faire un cadeau. Et quand il gagne (encore), le Slovène voit s’abattre les questions sur les raisons qui le poussent à ne vouloir laisser que des miettes. Sa domination sans partage fait du leader de l’équipe UAE Team Emirates une cible permanente. Mais son attitude interroge…

Même quand il ne porte pas le maillot jaune, Tadej Pogacar tient les rênes. Une habitude. La 3e étape entre Granollers et les Angles, ce lundi, a été un nouvel exemple de sa voracité. Le Slovène a brusquement décidé de priver de souffle l’échappée pour aller chercher, avec la complicité de sa redoutable équipe, une nouvelle victoire d’étape. Et parvenir à ses fins. Sans douter. Sans trembler. Au bout de l’effort, une 22e victoire d’étapes sur la Grande Boucle. Et un nouveau maillot jaune. Cette seconde peau qui, deux jours durant, a dansé sous ses yeux sur les frêles épaules de Jonas Vingegaard, son meilleur ennemi. Un crime de lèse-majesté qui méritait une réponse à la hauteur de l’affront.


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Tadej Pogacar roule pour gagner. Quelle que soit la course ou la saison. Une volonté, une activité, une emprise qui privent le Tour de sa légèreté, de son imprévisibilité mais le Slovène ne conçoit pas la course autrement. Pourrait-il le regretter ? Il s’est, par le passé, brûlé les ailes. Notamment sur le Tour de France 2022 quand, exsangue, après avoir beaucoup chanté, il avait vu la fourmi Jonas Vingeaard triompher. Tadej Pogacar ne commet jamais deux fois les mêmes erreurs. Il a mûri, son équipe, au-dessus du lot, ne souffre d’aucune faille et lui confère une confiance absolue. Et dans son ombre, son lieutenant, le Mexicain Issac Del Toro (22 ans) grandit à vue d’œil.

Chouchou du public au départ de Granollers, le Mexicain pourrait en cas de coup dur, changer de rôle et assurer la continuité. Celle d’une domination qui ne fait pas de sentiment, d’un leader impitoyable qui, sous un masque lisse et avec les joues presque rondes d’un adolescent, cache une volonté de fer. Comme avant lui Eddy Merckx ou Bernard Hinault. Quand le présent lui semble trop étroit, c’est aussi à eux que Tadej Pogacar se mesure. Quitte à imposer sa monotonie, à étrangler le suspense, à froisser les tenants d’un romantisme qu’il ne peut ni voir, ni entendre à la vitesse à laquelle il roule…



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