Portée par les autrices et le manga, la BD érotique s’offre son premier salon à Paris


Longtemps réservé à un cercle d’initiés et dominé par des figures masculines, le neuvième art érotique connaît un profond renouvellement, porté par une nouvelle génération de scénaristes et d’illustratrices et l’essor du manga coquin.

Paris accueille dimanche le premier salon de la BD érotique en France, un art qui attire de plus en plus d’illustratrices et de jeunes amateurs, notamment conquis par le manga coquin. « Un tel salon n’existait pas jusqu’à présent, mais il y avait une véritable demande », explique Anne Hautecoeur, l’une des deux organisatrices, à l’AFP. La manifestation, qui se tiendra au centre culturel de La Bellevilloise, rassemblera des auteurs et des artistes, français et étrangers, d’une génération « qui dépoussière la BD érotique », indiquent ses promotrices, déjà en charge du Salon de la littérature érotique depuis dix ans.

« Jusqu’à récemment, la BD érotique était dominée par des hommes dessinant pour des hommes », à l’image de Milo Manara, de Guido Crepax ou d’Alex Varenne, indique Anne Hautecoeur. Mais, ces dernières années, le marché « s’est élargi » et « les femmes se sont emparées de l’illustration érotique en représentant les corps et les relations sexuelles sous leur prisme », ajoute-t-elle.


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L’influence croissante du manga érotique

Il bénéficie également de la popularité du hentaï, le manga à caractère érotique, produit en grande quantité au Japon et lu en Occident par des lecteurs et lectrices plus jeunes que ceux de la BD traditionnelle. Le salon a invité les autrices Petites Luxures, Maïa Mazaurette, Stella Polaris ou Apollonia Saintclair, qui évoqueront leurs expériences et animeront des masterclasses autour de thèmes comme «Réaliser nos fantasmes en dessin» ou «Le BDSM en esthétique pop».

«Dans la BD érotique, il y a une histoire, un scénario, ce qui n’est pas fréquent sur les sites de vidéos pornos. Et le dessin ne représente pas de personnes réelles, ce qui offre une plus grande liberté pour illustrer les fantasmes avec créativité et humour», souligne Anne Hautecoeur, également directrice éditoriale aux éditions La Musardine, spécialisées dans l’érotisme.



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