REPORTAGE – Les soldats du 225e régiment d’assaut évoquent une timide « contre-offensive » contre les forces russes, alors que de la «kill zone» jusque dans les rues de la ville, les drones livrent un combat féroce.
Les steppes de Zaporijjia s’étendent à perte de vue. Mais Oleksii n’a ni le temps ni le cœur à regarder les coquelicots. Le pied enfoncé sur la pédale, le lieutenant du 225e régiment d’assaut slalome à 130 km/h entre les crevasses, étouffant un juron à chaque choc. « On est déjà dans la kill zone. Il faut pas traîner ici », lâche Artem, son copilote. Le soldat tient comme un cierge le détecteur de drones, antennes déployées. « Ce sont les nôtres », rassure-t-il quand l’engin émet des bips par intermittence, signalant des drones dans un périmètre de 10 kilomètres.
La grande ville industrielle de Zaporijjia disparaît dans le rétroviseur. Le 4×4 file en direction d’Houliaïpole, l’un des secteurs les plus disputés du front sud. Ici, à la croisée des oblasts de Zaporijjia et de Dnipro, les forces ukrainiennes, dont le 225e régiment d’assaut – connu pour avoir mené l’incursion vers Koursk en 2024 -, ont repris l’initiative depuis février.
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