une frégate russe a tiré des coups de semonce en direction d’un yacht britannique


Le ministère britannique enquête après que l’Amiral Grigorovitch a ouvert le feu en direction d’un navire civil qui s’était approché à moins de 500 mètres, à proximité de l’île de Wight. Il n’y a ni blessé, ni dégât, et les autorités outre-Manche évoque un «incident isolé».

Tension dans la Manche. La frégate russe Amiral Grigorovitch a tiré des coups de semonce en direction d’un yacht britannique civil qui s’était approché à 500 mètres d’elle, rapporte ce mardi 16 juin les médias britanniques. «Nous enquêtons sur des informations faisant état d’un incident dans la Manche», a déclaré un porte-parole du ministère britannique de la Défense, cités par le Telegraph et le Guardian.

L’incident se serait produit à environ 20 milles nautiques au sud de l’île de Wight, en dehors des eaux territoriales britanniques, rapporte les deux quotidiens britanniques. Aucun blessé ni dégât n’a été signalé et le yacht poursuit sa traversée de la Manche. Une vedette du patrouilleur hauturier HMS Tyne s’est rendue à bord pour recueillir des informations et s’assurer de la sécurité des occupants. Lundi après-midi, ce patrouilleur de la Royal Navy, ainsi que le HMS Mersey de la même classe River, avaient suivi la frégate à travers la Manche avant que les coups de semonce ne soient tirés.


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Arraisonnement d’un pétrolier fantôme

Dimanche, des commandos britanniques ont pour la première fois arraisonné et intercepté, toujours dans la Manche, le Smyrtos, un pétrolier russe appartenant à la «flotte fantôme» et soumis à des sanctions européennes. Depuis octobre 2025, de son côté, la marine française a réalisé quatre opérations de ce type contre des tankers russes, visant à priver la Russie des revenus pétroliers qui contribuent à financer la guerre en Ukraine. Des sources militaires ont néanmoins indiqué au Guardian, sans plus de précisions, que l’«incident isolé» de ce mardi n’était pas lié à l’arraisonnement de dimanche.

Depuis plusieurs semaines, la frégate Amiral Grigorovitch, un navire de guerre de 4000 tonnes équipé d’un canon de 100 mm et de missiles de croisière Kalibr, escorte certains navires commerciaux, mais la marine russe ne dispose pas de suffisamment de bâtiments océaniques pour généraliser ces missions hauturières. Mise en service en 2016, la frégate appartient à la flotte russe de la mer Noire, mais se trouvait en Méditerranée lors du déclenchement de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. Depuis lors, la Turquie ayant fermé les détroits du Bosphore et des Dardanelles, le navire est basé en Baltique.

Règles d’engagement

Des tirs de semonce, qui font partie des règles d’engagement régies notamment par le principe de gradation – entre de simples avertissements ou des manœuvres dangereuses, et des tirs d’arrêt – sont rares dans l’histoire navale contemporaine. Ces dernières années, la plupart de ces tirs qui ne visent pas directement le navire adverse ont eu lieu dans le golfe Persique entre des navires américains et des vedettes iraniennes. En 2021, la Russie avait annoncé avoir tiré des coups de semonce en mer Noire contre le destroyer britannique HMS Defender au large de la Crimée, ce que Londres avait démenti.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, les tensions entre Russes et Britanniques sont récurrentes en mer. En novembre 2025, le navire-espion russe Yantar, dépendant de la très secrète GUGI (direction principale de la recherche en eau profonde) et spécialisé dans la cartographie voire la destruction de câbles sous-marins, avait pointé des lasers sur des avions de patrouille de la Royal Air Force au large de l’Écosse. Événement rare : le ministre de la Défense, John Healey, avait publiquement annoncé un rehaussement des règles d’engagement britanniques face aux navires russes. «J’ai modifié les règles d’engagement de la Marine afin que nous puissions suivre et surveiller de plus près ces activités (…) dans nos eaux territoriales (…) Je ne les dévoilerai pas – cela ne ferait que rendre Poutine plus avisé», avait précisé le ministre.

En novembre 2026, le Royaume-Uni avait révélé là encore publiquement que trois sous-marins russes avaient mené une opération «secrète» au-dessus de câbles et de pipelines dans les eaux situées au nord du Royaume-Uni, déclenchant le déploiement d’un navire de guerre et d’avions britanniques pour contrer cette menace. John Healey avait mis en garde les Russes : «Nous vous voyons. Nous voyons votre activité sur nos câbles et nos pipelines, et vous devez savoir que toute tentative de les endommager ne sera pas tolérée et aura de graves conséquences.»



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