Une attaque ukrainienne menée dans la nuit de mercredi à jeudi à Simferopol, en Crimée annexée par Moscou, a fait au moins trois morts et sept blessés, ont indiqué les autorités locales.
Une frappe ukrainienne a tué trois personnes en Crimée, ont annoncé tôt jeudi les autorités de cette péninsule annexée par la Russie, au lendemain d’une attaque contre des sites énergétiques et militaires à Saint-Pétersbourg, où s’ouvrait le principal forum économique russe.
Une opération ukrainienne qui a conduit le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio à mettre en garde contre un «risque d’escalade» du conflit opposant Moscou à Kiev depuis plus de quatre ans.
«Selon les premiers rapports, trois personnes ont été tuées et sept autres blessées à cause d’une frappe ennemie sur des bâtiments non résidentiels à Simferopol», a écrit tôt jeudi sur Telegram Sergueï Aksyonov, le chef des autorités de Crimée, annexée par Moscou en 2014. «Les services d’urgence sont en ce moment sur les lieux», a-t-il ajouté, sans fournir plus d’informations.
Frappes à Saint-Pétersbourg
Cette nouvelle attaque ukrainienne intervient au lendemain du ciblage de sites énergétiques et militaires à Saint-Pétersbourg, la deuxième ville de Russie, au jour de l’ouverture du Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF).
Quelque 20.000 invités de 130 pays, y compris occidentaux, doivent participer à cet événement de trois jours, jadis considéré comme le «Davos russe», organisé par la Russie pour attirer investisseurs et entreprises étrangères. Parmi les rendez-vous prévus figurent un échange entre Vladimir Poutine et des dirigeants d’agences de presse internationales jeudi, un discours du président russe vendredi, ou encore une prise de parole du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres lors d’un panel sur l’environnement vendredi.
Le Kremlin a promis «des réponses systématiques» aux frappes de Kiev, qui ont endommagé «plusieurs» infrastructures sans faire de victimes, selon le gouverneur Alexandre Beglov. D’après Volodymyr Zelensky, c’est le terminal pétrolier de Saint-Pétersbourg et la base militaire de Kronstadt, non loin de là, qui ont été visées par des drones ukrainiens. Le président ukrainien a évoqué des «frappes justes». Les Russes «doivent savoir que s’ils utilisent des drones et des missiles contre nous, nous ferons de même», a-t-il déclaré.
«Le risque d’escalade est réel»
Par ailleurs, mercredi, sept personnes sont mortes dans l’est de l’Ukraine occupé par la Russie du fait d’une frappe ukrainienne sur un car, selon les autorités locales installées par la Russie. Deux autres civils sont morts, l’un dans la région frontalière de Briansk, l’autre dans la partie occupée de la région de Kharkiv, selon les pouvoirs locaux. Du côté de l’Ukraine, où se trouvait mercredi le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, des bombardements russes ont fait une dizaine de morts dans plusieurs régions, selon les autorités locales. Mardi, 23 personnes avaient été tuées en Ukraine – à Kiev et Dnipro (centre-est) – dans une salve massive de missiles et de drones russes.
Les États-Unis, qui ont mené sans succès une série de négociations avec les Ukrainiens et les Russes, actuellement au point mort, se sont inquiétés mercredi d’un risque d’escalade. Aux dires de Marco Rubio devant une commission parlementaire, «l’Ukraine est devenue de plus en plus efficace pour mener des frappes à longue portée en profondeur». «Il est important d’essayer de mettre fin à cette guerre, si nous le pouvons, car le risque d’escalade est réel, plus réel qu’il ne l’était il y a deux ans», a ajouté le secrétaire d’État américain. «À ce stade, aucune des deux parties n’a été disposée à faire les concessions nécessaires pour rétablir la paix, en particulier du côté russe», a également relevé Marco Rubio. Et d’assurer que les États-Unis restent «prêts à jouer tout rôle possible dans ce contexte pour rétablir la paix».
Du côté des Européens, les représentants des 27 ont ouvert la voie mercredi à la reprise formelle des négociations d’adhésion à l’Union européenne avec l’Ukraine, bloquées jusqu’à présent par un veto hongrois, a-t-on appris auprès de responsables européens. Le pays de 40 millions souhaite rejoindre l’UE le plus rapidement possible.
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