L’avion ramenant les cinq Français évacués dans la matinée du navire MV Hondius, où a été détecté un foyer d’hantavirus, a atterri peu avant 16h30 à l’aéroport du Bourget, au nord de Paris.
Entamé avec les Espagnols et les Français, le débarquement des passagers et membres d’équipage du MV Hondius, où a été détecté un foyer d’hantavirus, s’est échelonné toute la journée de dimanche aux Canaries, les évacués rentrant progressivement en avion vers leurs pays. L’opération doit s’achever lundi.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recense six cas confirmés d’hantavirus parmi huit cas suspects, comprenant trois personnes décédées de ce virus connu, mais rare, pour lequel il n’y a ni vaccin ni traitement. Cette maladie peut notamment provoquer un syndrome respiratoire aigu.
Sortis en premier du MV Hondius dans la matinée, les 14 Espagnols évacués ont atterri peu avant 15 heures, heure française, à la base militaire de Torrejón, près de Madrid. Ils ont ensuite pris la route vers l’hôpital militaire Gómez Ulla, dans le sud-ouest de la capitale espagnole, où ils seront mis en quarantaine et suivis médicalement.
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«Tout va bien»
Les cinq Français évacués, qui ont suivi dans l’ordre les Espagnols, sont arrivés à l’aéroport du Bourget, près de Paris, peu avant 16h30. «Tout va bien», a assuré dans un message à l’AFP l’un de ces Français, Roland Seitre, juste avant de décoller. Comme les quatre autres ressortissants français, il sera mis en quarantaine de 72 heures, avant, en cas d’évaluation favorable, d’être mis «à l’isolement 45 jours» à domicile, selon le gouvernement français.
Depuis dimanche matin, quelques heures après l’arrivée du MV Hondius au port industriel de Granadilla, sur l’île de Tenerife, des dizaines de passagers et membres de l’équipage sont sortis du navire, sous l’œil de nombreuses caméras. Le protocole est le même pour tous : les occupants prennent place à l’arrière d’un zodiac vêtus de combinaisons de protection individuelle, portant des masques FFP2, ainsi que des charlottes jetables sur la tête.
Borja Suarez / REUTERS
Puis un car rouge de l’Unité d’urgence de l’armée espagnole les emmène jusqu’à l’aéroport de Tenerife-Sud, à une dizaine de minutes de route. Sur le tarmac, l’AFP a vu les premiers évacués descendre du bus, changer de combinaisons, avant de monter dans l’avion qui les attendait. Au total, plus d’une centaine de personnes doivent être évacuées d’ici à lundi soir au plus tard, car «à 20 heures» ce jour-là, «le navire mettra le cap sur les Pays-Bas», avec une partie de l’équipage resté à bord, a annoncé la directrice de la Protection civile espagnole, Virginia Barcones, à la télévision.
Les vols de rapatriement vont continuer à s’enchaîner dans les prochaines heures, en direction des Pays-Bas, du Canada, de la Turquie, du Royaume-Uni, d’Irlande et des États-Unis. «Le dernier vol est prévu pour demain (lundi), ce sera un vol en direction de l’Australie», a déclaré la ministre espagnole de la Santé, Mónica García. «Tout est très bien géré», a commenté le patron de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui supervise les opérations, en coordination avec les autorités espagnoles. En milieu de semaine déjà, trois personnes avaient été débarquées au Cap-Vert avant de rejoindre l’Europe.
Quarantaine et surveillance
L’OMS a annoncé que tous les passagers du MV Hondius, parti le 1er avril d’Ushuaïa en Argentine, sont considérés comme des «contacts à haut risque» et devront faire l’objet d’une surveillance pendant 42 jours. Ces derniers jours, les autorités régionales des Canaries s’étaient fermement opposées à l’accostage sur l’archipel du MV Hondius, des habitants exprimant également leurs craintes.
L’OMS martèle de son côté publiquement que la situation actuelle n’est pas comparable à celle du début de l’épidémie de Covid-19 en 2020, même si la crise a suscité une inquiétude mondiale. L’hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l’intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive.
Mais des experts ont confirmé que la variante du virus détectée à bord du navire, l’hantavirus Andes, était une souche rare qui peut se transmettre d’homme à homme avec un délai d’incubation pouvant aller jusqu’à six semaines.
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