L’organisation antifasciste d’extrême gauche était sous le feu des polémiques après la mort du militant d’extrême droite, Quentin Deranque, à Lyon en février dernier.
Le Conseil d’État vient de rejeter, ce jeudi, le recours formé par La Jeune Garde et confirme la dissolution de l’organisation antifasciste et d’extrême gauche lyonnaise créée par Raphaël Arnault, député LFI. Lui comme son mouvement, dissous le 12 juin 2025 par le ministre de l’Intérieur de l’époque Bruno Retailleau, sont sous le feu des critiques depuis la mort du militant d’extrême droite, Quentin Deranque, le 12 février dernier.
Au cœur du dossier deux points de droit : « Les provocations à des agissements violents à l’encontre des personnes et des biens » et « la proportionnalité » de la mesure de dissolution.
Dans sa décision, le Conseil d’Etat rappelle que ce mouvement «rendait ainsi compte sur les réseaux sociaux d’actions qu’il dénommait « quadrillage » de quartiers, comme à Paris en 2024. Il se mettait également régulièrement en scène, ainsi qu’il l’a fait dans une vidéo tournée à Lyon en 2024 pour les six ans du groupement, en réunissant des jeunes gens, certains cagoulés, à des fins de propagande et de dissuasion». De plus, poursuit-il, «il ressort des pièces du dossier que le groupement organisait régulièrement, à la date de la décision attaquée, des formations qu’il appelait « d’auto-défense », visant à la préparation physique et mentale des membres du groupement à des affrontements violents».
Aussi, reconnaît-il, «l’existence d’une stratégie d’intimidation, visant non pas seulement à combattre l’expression publique de militants d’extrême droite, mais à inciter ses propres membres à exclure physiquement de l’espace public toutes les personnes considérées comme « fascistes » par le groupement».
Par ailleurs, il confirme que «le groupement requérant avait, tant par ses soutiens explicites à des comptes tiers que par son absence caractérisée de réaction à leurs contenus, provoqué à la commission d’agissements violents contre des personnes».
Enfin, «il ressort (….) des pièces du dossier que ses membres prenaient souvent l’initiative de l’utilisation de la violence dans l’espace public, sans que, à la date du décret attaqué, le groupement ait condamné de telles actions», reconnaît le Conseil d’État.
À l’audience, Paul Mathonnet, l’avocat de l’association, qui avait affirmé que cette dernière «n’était pas un groupuscule secret et autonome, (…) mais un mouvement social de terrain», avait insisté sur la difficulté pour ces mouvements de modérer par eux-mêmes les contenus de tiers. Il n’aura pas été entendu par les sages du Palais royal qui rappellent chacun à leurs responsabilités.
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