«On ne s’interdit rien», affirme la porte-parole du gouvernement


«Personne ne doit profiter de cette crise et aucun superprofit ne doit être réalisé a fortiori en France», a déclaré Maud Bregeon.

Le gouvernement ne «s’interdit rien», «par principe», alors qu’une taxation des superprofits pétroliers est réclamée par la gauche et certains pays européens, a indiqué mercredi la porte-parole du gouvernement français et ministre chargée de l’Énergie Maud Bregeon.

«Personne ne doit profiter de cette crise et aucun superprofit ne doit être réalisé a fortiori en France. Partant de ce principe-là, on ne s’interdit rien», a déclaré Maud Bregeon, tout en se refusant à entrer dans le «Total bashing», alors qu’elle était interrogée lors du compte rendu du conseil des ministres sur l’envolée des bénéfices du géant pétrogazier français TotalEnergies au premier trimestre.


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«Face aux différentes crises que nous avons traversées, nous nous fermons donc aucune porte par principe, que ce soit sur l’initiative portée (…) à l’échelle de l’Union européenne (…) ou sur d’éventuelles mesures qui pourraient être, le moment venu, intégrées notamment au projet de loi de finances 2027», a-t-elle poursuivi. «Une fois qu’on s’est dit ça, il faut arriver à avoir un discours équilibré», a-t-elle dit, en appelant à ne pas «tomber dans le Total bashing», c’est-à-dire le dénigrement systématique du groupe.

«Tout ça prend un peu de temps parce que ça nécessite un peu de travail», a-t-elle souligné. La ministre était notamment interrogée sur l’initiative prise par cinq pays européens (Espagne, Autriche, Allemagne, Italie et Portugal) qui appellent à taxer les bénéfices exceptionnels réalisés par les entreprises du secteur énergétique en raison du conflit au Moyen-Orient, comme en 2022 après l’invasion de l’Ukraine. TotalEnergies «profite de la guerre» et fait «tout pour les actionnaires», ont estimé mercredi de leur côté plusieurs responsables politiques, notamment à gauche, réagissant aux résultats en forte hausse du groupe, dopés par la flambée des prix des hydrocarbures.

Les socialistes ont annoncé leur intention de déposer une proposition de loi dès mercredi afin de taxer «les superprofits des profiteurs de crise». Sur le front des approvisionnements en carburants, toujours perturbés à l’échelle mondiale avec la guerre au Moyen-Orient, Maud Bregeon l’a répété : «il n’y a aucun risque de pénurie à l’heure où on se parle et les approvisionnements sont notamment sécurisés pour le mois de mai». «Il n’y a donc pas lieu d’être alarmiste», a-t-elle insisté, à rebours des propos du PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné vendredi qui a mis en garde contre le risque d’une «ère de pénurie énergétique» dans le monde si le blocage du détroit d’Ormuz par Teheran durait encore «deux ou trois mois».



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