des diplomates ukrainiens prêts à renommer une partie du Donbass en l’honneur de Donald Trump


Une idée qui ne figure pas sur les documents officiels des négociations mais qui serait revenue dans de nombreuses conversations, d’après des informations du New York Times.

«Donnyland.» Selon le New York Times, c’est le nom que certains négociateurs ukrainiens proposeraient de donner à une enclave du Donbass, mélangeant ainsi le nom de la région avec le prénom du président des États-Unis Donald Trump. Il s’agit d’un morceau de terre de 80 km de long et 65 km de large encore sous contrôle ukrainien mais revendiqué par Moscou. Selon le New York Times, «cette proposition reflète une réalité mondiale dans laquelle les gouvernements font appel à la vanité du président Trump pour s’assurer le soutien de la puissance américaine.»

En 2014, après l’annexion de la Crimée par la Russie, des insurgés prorusses ont pris le contrôle des régions de Donetsk et de Louhansk dans le Donbass. Malgré la signature des accords de Minsk censés imposer un cessez-le-feu, les combats dans le Donbass n’ont jamais cessé, faisant des milliers de victimes. En février 2022, quand la Russie a lancé son opération d’invasion de l’Ukraine à grande échelle, le Donbass a été un objectif stratégique majeur. Les forces russes ont cherché à consolider leur contrôle de la région tandis que l’armée ukrainienne a mené une contre-offensive acharnée. Lors de la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine à Anchorage en Alaska au cours de l’été 2025, Washington a évoqué l’idée que l’accord de paix puisse inclure un retrait de l’Ukraine jusqu’aux limites administratives du Donbass.


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Une enclave indépendante et démilitarisée

L’idée du «Donnyland» vient des autorités ukrainiennes. Elle aurait pour but d’influencer les négociations en faveur de Kiev. Si elle n’a jamais figuré dans les documents officiels, cette idée est souvent revenue dans les conversations, d’abord en tant que plaisanterie. Par la suite, certains responsables ont estimé qu’elle pourrait déboucher sur une véritable proposition. Un diplomate ukrainien aurait même fait générer un faux drapeau et un faux hymne du Donnyland par ChatGPT, révèle le New York Times.

De fait, si le nom de «Donnyland» n’a pas encore été employé par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ce dernier demeure ouvert à l’idée d’une zone démilitarisée au cœur du Donbass. Le Kremlin y est également favorable à la condition que les forces russes soient autorisées à y patrouiller. Cette dernière condition est catégoriquement refusée par Kiev.

Une proposition sur le modèle monégasque

Les négociateurs ukrainiens ont également examiné une deuxième idée, appelée « modèle de Monaco  » toujours selon le New York Times. Ce concept tire son nom de Monaco, petit État indépendant doté d’une économie solide, fondée sur la finance et le tourisme. Le modèle de Monaco proposait la création d’une région partiellement autonome dans le Donbass. Cette région fonctionnerait comme une zone économique offshore. Elle pourrait attirer les investissements et favoriser les échanges commerciaux. Les responsables ont suggéré qu’un « Conseil de la paix » rattaché au président américain pourrait contribuer à l’administration de cette zone. Cette proposition a été envisagée sérieusement, et est allée jusqu’à figurer sur des brouillons de traités, selon des sources proches des négociations au New York Times.

L’une des promesses de campagne de Donald Trump était de mettre fin à la guerre en Ukraine en 24 heures. Depuis son élection, il s’efforce en vain de faire signer un traité de paix par les deux belligérants. Mais depuis le début de l’intervention armée américaine au Moyen-Orient le 28 février, la question de la paix entre l’Ukraine et la Russie est passée au second plan.



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