La police judiciaire était présente ce mardi l’Élysée dans le cadre d’une enquête sur des contrats publics liés aux cérémonies du Panthéon, attribués pendant plus de vingt ans à la même société d’événementiel.
Mardi matin, plusieurs enquêteurs de la brigade financière et anticorruption (BFAC) de la police judiciaire de Paris se sont rendus au palais de l’Élysée, rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris, a appris Le Figaro d’une source proche de l’enquête, confirmant une information du Canard enchaîné. Leur présence est liée est à «une enquête sur les conditions d’attribution des cérémonies d’entrée au Panthéon à une même entreprise», ajoute une source proche du dossier à l’AFP.
La police judiciaire s’intéresse aux contrats passés entre la présidence de la République et la société d’événementiel Shortcut Events, qui était notamment chargée d’organiser les cérémonies d’entrées au Panthéon entre 2002 et 2024, précise le Canard enchaîné. Pendant plus de deux décennies, c’est cette seule et même entreprise qui a systématiquement remporté les marchés, chaque panthéonisation étant facturée à l’État à hauteur d’environ deux millions d’euros, révèle l’hebdomadaire du mercredi. Contacté, l’Élysée n’a pas réagi à cette heure.
Selon nos informations, des ordinateurs personnels ont été volontairement remis aux enquêteurs, correspondant aux demandes du magistrat instructeur. « À chaque fois que l’autorité judiciaire le demande, l’Elysée fait en sorte de collaborer. Mais toujours dans le respect de l’article 67 de la Constitution qui a trait à l’inviolabilité de la présidence de la République », souligne un bon connaisseur de ce type de procédure.
Ce dispositif, qui est juridiquement difficile à manipuler, dispose en effet que «le président de la république n’est pas responsable des actes accomplis en cette qualité, sous réserve des dispositions des articles 53-2 et 68. Il ne peut, durant son mandat et devant aucune juridiction ou autorité administrative française, être requis de témoigner non plus que faire l’objet d’une action, d’un acte d’information, d’instruction ou de poursuite.» Cela requiert donc d’isoler les actions personnelles de l’activité de la Présidence.
Shortcut Events
Fondée en 1996, la société Shortcut Events compte aujourd’hui une trentaine de salariés. Outre l’organisation des cérémonies de reconnaissance nationale, elle fut aussi à la manœuvre lors de l’inauguration en 2023 de la cité de la Francophonie à Villers-Cotterêts ou encore lors des festivités du 80e anniversaire du Débarquement, à Omaha Beach, en juin 2024. Idem s’agissant de la célébration des dix ans de la loi Taubira.
La dernière perquisition à l’Élysée remonte à il y a 8 ans. Le 25 juillet 2018, la police judiciaire avait perquisitionné le bureau d’Alexandre Benalla en lien avec l’enquête sur les violences commises place de la Contrescarpe le 1er mai (où Benalla avait usurpé la fonction de policier et molesté des manifestants), afin de saisir des documents, matériels ou éléments liés à ses activités au sein de la présidence et aux conditions dans lesquelles il avait obtenu des prérogatives de sécurité et des insignes policiers.
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