La rupture est consommée entre les collectivités locales et le festival francilien, privé de soutien depuis l’année dernière en raison de la programmation controversée de rappeurs nord-irlandais.
Sur la scène du festival, le leader Mo Chara s’était félicité : « C’est un plaisir d’être ici, ils ont essayé de nous retirer du programme ». À l’été 2025, l’invitation à Rock en Seine du groupe Kneecap a viré à la polémique. Les autorités s’inquiétaient de la présence de ces rappeurs nord-irlandais très engagés et accusés de défendre le Hamas et le Hezbollah. Leur venue a entraîné un retrait des subventions de la ville de Saint-Cloud et de la région Île-de-France. Une décision amenée à se renouveler en 2026, d’après les informations du Parisien .
Concernant la région, Florence Portelli (LR), vice-présidente chargée de la Culture, du Patrimoine et de la Création, l’a acté jeudi 9 avril en commission permanente du conseil régional. Après le différend de 2025, la majorité de droite a estimé ni nécessaire, ni pertinent de soutenir le festival. Au grand dam du groupe de la gauche communiste, écologiste et citoyenne, présidé par Céline Malaisé qui a qualifié d’« erreur » cette diète.
Kneecap, le trio de rappeurs accusé de soutien au Hamas et au Hezbollah, ovationné à Rock en Seine
La région « insultée »
Sur la même longueur d’onde que la région, le maire de Saint-Cloud Éric Berdoati (DVD) déclare dans le quotidien que « le propriétaire et le directeur de Rock en Seine ont le choix de programmer et la municipalité celui de financer ». Une référence à la décision de Rock en Seine de maintenir la venue de Kneecap, en 2025, malgré la réticence des deux collectivités locales. L’une et l’autre avaient retiré leurs subventions, d’un montant de 295 000 euros pour la région, 60 000 euros pour la ville.
Florence Portelli estime, en outre, que la région a été « insultée » par Matthieu Pigasse, propriétaire du groupe Combat dont la manifestation est une filière. Le banquier d’affaires engagé à gauche, qui a confié son ambition de « peser » sur la présidentielle, avait exprimé son mécontentement dans une tribune publiée dans L’Humanité . Il comparait la « censure » de Kneecap à une volonté de « faire taire ce qui dérange ». Cette décision, selon lui, constituait un nouveau chapitre d’une « bataille culturelle » menée pêle-mêle par « la droite radicale », les municipalités RN et le Puy du Fou.
18 millions d’euros de budget
Mo Chara, figure la plus médiatique du groupe sulfureux Kneecap, a été inculpé au Royaume-Uni en 2025 pour avoir arboré sur scène un drapeau du Hezbollah, classé terroriste de l’autre côté de la Manche, lors d’un concert. En septembre, un juge a classé l’affaire en raison d’un vice de procédure. Le délai légal d’inculpation de six mois n’avait pas été respecté, à un jour près. Le procureur a fait appel, mais la Haute Cour de Londres a confirmé en mars dernier l’abandon des poursuites.
The Cure tête d’affiche du festival Rock en Seine en 2026
Dernier coup de griffe, Florence Portelli a considéré, empruntant à un vocabulaire peu courant chez LR, que Rock en Seine n’avait pas besoin des subsides publics : « La région n’est pas là pour abonder ce que le grand capital finance tout seul ». L’absence de subventions de Saint-Cloud et d’Île-de-France ne devrait pas pour autant mettre en péril la santé financière de la manifestation dont le budget atteint 18 millions d’euros environ, selon Le Parisien. Du 26 août au 30 août 2026, Nick Cave, Franz Ferdinand ou The Cure y feront trembler le domaine national de Saint-Cloud.
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