« L’esclave Bélizaire est devenu une icône des mouvements sociaux aux États-Unis »


Pourquoi cette œuvre s’est-elle retrouvée au cœur de l’actualité ?

Étienne Guillaume : Cela résulte du parcours même du tableau, qui a été oublié, transformé, vendu… Il s’agit d’un portrait de 1837 commandé par un certain Frederick Frey, un banquier et marchand originaire de Louisiane. Il figure ses trois jeunes enfants endimanchés, accompagnés d’un esclave créole, Bélizaire, qui leur était tout à fait dédié. Des restaurateurs ont découvert plus tard que ce dernier avait été effacé par un surpeint. En 2021, l’œuvre a été achetée par le collectionneur Jeremy K. Simien, qui a engagé une historienne pour faire toute la lumière sur la trajectoire de cet enfant. Le tableau a ensuite rejoint les collections du Met en 2023 et est devenu un symbole de la volonté qu’ont eue les Américains de cacher leur passé esclavagiste.

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