Le moment est solennel ; sa mise en scène, théâtrale : sur une estrade, devant une foule d’individus et tandis qu’une armée est en ordre de marche à l’arrière-plan, deux hommes aux importantes fonctions militaires, l’un noir, l’autre métis, scellent un pacte, foulant au sol les chaînes imposées aux esclaves. L’image est d’autant plus spectaculaire qu’elle se déroule sous l’œil de Dieu qui surgit comme par magie d’un ciel nuageux pour donner sa bénédiction.
Sur la stèle qui les réunit sont gravées en lettres capitales des devises telles que « L’union fait la force » et « Vivre libre ou mourir » mais aussi, au niveau inférieur, la signature du peintre : « g. guillon Le Thiere. né à La Guadeloupe an 1760. Paris 1822 7bre. » Dix-huit ans après les faits, Guillaume Guillon Lethière (1760–1832) célèbre l’indépendance d’Haïti en représentant les figures emblématiques du soulèvement de l’ancienne colonie française de Saint-Domingue, le général Alexandre Pétion et l’officier Jean-Jacques Dessalines, qui se jurent de combattre ensemble alors que Napoléon Bonaparte vient de rétablir l’esclavage.
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