Dans la salle d’audience bondée du tribunal d’Avignon, sa présence se remarque à peine. Emmitouflée dans une écharpe, lunettes sur le nez, Marion Dubreuil s’est positionnée au pied de la cour.
En première ligne pour dessiner les protagonistes d’un procès hors norme et déjà historique, débuté en septembre pour se terminer en décembre. Celui de Dominique Pélicot, accusé d’avoir drogué son ex-épouse Gisèle Pélicot pour la violer et la faire violer par des hommes recrutés sur Internet. Parmi eux, 50 comparaissent aussi devant la cour criminelle du Vaucluse.
Sur son compte X (ex-Twitter), la journaliste de RMC retranscrit en direct les audiences dans les moindres détails. À la différence de ses consœurs – comme Juliette Campion pour France Info ou Kareen Janselme pour L’Humanité – qui live-tweetent elles aussi le procès, Marion Dubreuil enrichit son récit de ses propres dessins.
Une plongée dans le théâtre de la justice
Des larmes discrètes de Gisèle Pélicot à la mine accablée de Dominique Pélicot : en quelques coups de crayon, elle nous plonge au cœur du petit théâtre de la justice, dans toute sa glaçante solennité et sa déchirante humanité. Grâce à sa couverture quasi journalière de l’affaire Mazan, en mots et en images, elle est passée d’une dizaine de milliers d’abonnés à plus de 56 000 aujourd’hui. Ses croquis d’audience illustrent même des articles de la presse nationale (Le Parisien) comme internationale (Der Spiegel). Leur formidable écho révèle l’importance d’une affaire qui n’a pas fini de bouleverser la France entière.

Les croquis d’audience de Marion Dubreuil illustrent des articles de la presse nationale comme internationale, 2024
© Edouard Monfrais Albertini pour BeauxArts.com
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