5 merveilles artistiques du studio d’animation à voir et à revoir


Pierre Lambert n’est pas un amateur comme les autres. Cet historien du cinéma reconnu a passé sa vie à décortiquer chaque plan, chaque nuance de couleur des classiques du studio Disney, auxquels il a consacré plusieurs beaux livres de référence, rassemblant œuvres inédites, études préliminaires, storyboards, layouts, dessins d’animation, celluloïd et décors…

Notre spécialiste a aussi rencontré des animateurs de la première heure qui ont travaillé aux côtés de Walt Disney. Quels sont ses films préférés de la firme aux grandes oreilles ? Voici sa short list à revoir ou à découvrir quel que soit son âge !

1. Pinocchio (1940) : « Le sommet absolu »

Walt Disney, Pinocchio

Walt Disney, Pinocchio, 1949




i

© Moviestore Collection Ltd / Alamy / Hemis / © Disney

« Mon film préféré artistiquement, mon numéro un, c’est Pinocchio. Pour la variété des séquences, pour les décors qui sont extraordinaires, pour la lumière magnifique… Tout le début du film est magistral. Lorsque Jiminy Cricket arrive en narrateur du film — on part du village évidemment, de Bavière, et on arrive dans la petite maison où se trouve l’atelier de Geppetto. Derrière cette perfection visuelle se cache une débauche de moyens : un personnage comme Geppetto est à quatorze couleurs, Stromboli idem. Pinocchio culmine à une quinzaine de couleurs différentes. Walt Disney était entouré de grands artistes, en particulier Gustaf Tenggren, qui a conçu tous les décors de Pinocchio. Nous sommes dans une époque où pour donner vie à un personnage, il faut créer 12 à 24 dessins par seconde. C’est un véritable travail de dentelle en termes d’exécution. »

2. Bambi (1942) : « La perfection incarnée »

Walt Disney, Bambi

Walt Disney, Bambi, 1942




i

© All Star Picture Library, Allstar Picture Library Ltd / Alamy / Hemis /© Disney

« Walt Disney voyait Bambi comme son chef-d’œuvre. Selon moi, ce film n’a aucun défaut, il est parfait. Entre la première et la dernière image du film, l’harmonie est totale ; il n’y a pas un seul plan mauvais, pas un décor raté. Dans les séquences de pluie, par exemple, la subtilité de la couleur est absolument incroyable. Le passage des quatre saisons est vraiment intelligent ; quand on passe à l’automne avec toutes les feuilles qui s’envolent, c’est vraiment magnifique. Puis, en 20 secondes, on passe de l’automne à l’hiver dans un élan très subtil. Les animateurs et les artistes de Bambi bénéficient à ce moment-là de l’expérience de Blanche-Neige, de Pinocchio, de Fantasia. Bambi a demandé cinq ans de production, contre deux seulement pour les autres films. C’est la qualité d’animation des studios Disney qui fait toute la différence avec les concurrents. Il faut savoir qu’entre 1941 et 1946, il n’y a pas eu de diffusion des films de Disney en Europe et donc un sévère manque à gagner pour la production qui va réduire les moyens. Le studio passe d’à peu près 2 000 personnes en 1940 à 500 personnes en 1950. Ils se sont rattrapés par la suite, mais l’âge d’or de Disney c’est, pour moi, vraiment avant la Seconde Guerre mondiale. »

3. Fantasia (1940) : L’audace musicale

Walt Disney, Fantasia

Walt Disney, Fantasia, 1940




i

© All Star Picture Library, Allstar Picture Library Ltd / Alamy / Hemis / © Disney

« En troisième film à voir et à revoir, je recommande certaines séquences de Fantasia, dont L’Apprenti sorcier qui, pour moi, est le meilleur court-métrage de Mickey. Il faut rappeler que Fantasia a été créé après le succès de L’Apprenti sorcier que Walt Disney a fait en 1938 après avoir rencontré le chef d’orchestre Leopold Stokowski dans un restaurant à Los Angeles. Fort du succès du film, il sort Fantasia en 1940. Dans ce long métrage, les séquences musicales sont particulièrement marquantes. Il y a l’excellente Danse des heures, avec les hippopotames, les autruches, les crocodiles et les éléphants… Une nuit sur le mont Chauve de Modeste Moussorgski, absolument extraordinaire : Kay Nielsen, un des plus grands illustrateurs du XXe siècle, en est le père. La Toccata et fugue est un peu abstraite. J’aime moins en revanche Le Sacre du printemps et La Pastorale, beaucoup plus kitsch : question de goût, de couleur ! »

4. La Belle au bois dormant (1959) : Une peinture dans la forêt

Walt Disney, La Belle au Bois dormant

Walt Disney, La Belle au Bois dormant, 1959




i

© Moviestore Collection Ltd / Alamy / Hemis / © Disney

« Une séquence que j’adore dans La Belle au bois dormant se déroule dans la forêt, au moment où le hibou se transforme en prince, entouré d’oiseaux, et rencontre la Belle. Les harmonies de couleurs sont formidables car, une fois de plus, Disney a fait confiance à un peintre pour faire son film. Walt Disney ne clamait pas ‘je fais de l’art’, il disait ‘je me contente de faire du spectacle’. En réalité, il faisait de l’art quand même, parce qu’il était entouré des meilleurs artistes. »


Arrow



La Belle au bois dormant (1959)

5. Le Crapaud et le Maître d’école (1949) : La pépite méconnue

Walt Disney, Le Crapaud et le Maître d’école

Walt Disney, Le Crapaud et le Maître d’école, 1949




i

© IFA Film, United Archives GmbH / Alamy / Hemis / © Disney

« Parmi les pépites des studios Disney, il y a tous les moyens-métrages, assez peu connus, et pourtant géniaux. Le Crapaud et le Maître d’école, sorti sous le titre anglais The Adventures of Ichabod and Mr. Toad, date de 1949 : Crapaud baron Têtard a un cheval fidèle avec lequel il avance, il trotte, il trotte, il trotte, et puis un jour il découvre la voiture… Il devient complètement dingue et se passionne pour les moteurs… Il finira avec un avion. Le film est splendide artistiquement, sur le plan de l’animation, du scénario. Le deuxième moyen-métrage que j’adore est The Legend of Sleepy Hollow (La Légende de la Vallée endormie), que Tim Burton a ensuite magnifiquement adapté au cinéma. Monté à la suite de Crapaud et le Maître d’école, ces aventures constituent un long-métrage de 60 minutes à peu près. »


Arrow



Le Crapaud et le Maître d’école (1949)


Arrow



Les cinq films sont disponibles en streaming sur la plateforme Disney + et en DVD


Arrow



Mickey, tout a commencé par une souris

Du 20 novembre 2025 au 18 avril 2026

www.couventsaintececile.com





Source link

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


3 + 6 =