5 expositions gratuites à visiter partout en France en juillet 2024


Au mois de juillet, tout est possible ! Les galeries parisiennes sont encore ouvertes au public, on peut s’échapper le temps d’un week-end à Rouen découvrir une série de sculptures monumentales dans une forêt, ou en Bourgogne, approcher de près le travail de peinture tout en finesse d’un artiste chinois.

Déjà en vacances ? Dans le Vaucluse, c’est bien sûr à la fondation Villa Datris que l’on se rend, comme chaque année, l’institution de L’Isle-sur-la-Sorgue proposant toujours des expositions de qualité. Bref, à Paris, dans l’ouest, dans le centre ou dans le sud, l’agenda estival ne manque pas d’expos gratuites !

À la galerie Afikaris à Paris, 14 artistes « habitent le monde »

Ousmane Niang, Le Baseballeur de la Forêt

Ousmane Niang, Le Baseballeur de la Forêt, 2024

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Acrylique sur toile • 120 × 100 cm • Coll. particulière • Courtesy Galerie Afikaris

« Habiter le monde, c’est se concevoir comme appartenant à un espace plus large que son groupe ethnique, sa nation… C’est pleinement habiter les histoires et les richesses des cultures plurielles de l’humanité. » Pour son exposition collective d’été, la galerie Afikaris réunit 14 artistes venus d’Iran (Fariba Boroufar), du Sénégal (Ousmane Niang) ou encore du Nigeria (Ozioma Onuzulike) pour répondre à l’essai Habiter le monde (2017) de Felwine Sarr. Avec quelques très belles œuvres, comme la photographie d’un homme couvert de fleurs de tournesols signée du Ghanéen Nana Yaw Oduro, une sculpture tissée en nuances de bleu et de vert par Fariba Boroufar, un tableau quasi monochrome en morceaux de charbon de bois du Nigérian Eva Obodo ou encore la vision humide d’un homme sortant de l’eau, peinte avec grâce par le Marocain Omar Mahfoudi.

Au domaine de la Romanée-Conti, le feu d’un peintre chinois plus que délicat

Xie Fan, Signes célestes (Celestial Signs)

Xie Fan, Signes célestes (Celestial Signs), 2024

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Huile sur carreau de terracota • 30 × 30 cm • Coll. particulière • Courtesy Xie Fan et Galerie Marguo, Paris / © ADAGP, Paris 2024

Approchez-vous. Approchez-vous encore : les peintures de Xie Fan (né en 1983) sont toutes petites et méritent une attention redoublée. Sans cadre, simplement soutenues au mur par de discrets éléments en métal, elles ont pour support de fines plaques de terre cuite et apparaissent dans toute leur matérialité. Surtout, elles ouvrent une fenêtre sur l’immensité. Sur la Lune, le Soleil, une éclipse, un coucher de soleil sur les flots. De la taille d’une carte postale, elles impressionnent pourtant, par le lien qu’elles tissent entre l’infiniment petit (le geste de l’artiste, précis et délicat) et l’infiniment grand (le cosmos). À voir au domaine de la Romanée-Conti, où le très exigeant centre d’art dijonnais le Consortium a créé en 2012 l’Académie Conti dans une maison du XVIIIe siècle, ancienne cuverie du prince de Conti. Un moment hors du temps.

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Xie Fan. Various Fires

Du 28 avril 2024 au 1 septembre 2024

www.leconsortium.fr

Dans une forêt proche de Rouen, l’art en pleine nature

L’installation « Gargan le géant », œuvre pérenne de Thomas Dambo installée dans le cadre de l’exposition « Forêt monumentale »

L’installation « Gargan le géant », œuvre pérenne de Thomas Dambo installée dans le cadre de l’exposition « Forêt monumentale »

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© Metropole Rouen Normandie / Photo Alan Aubry

« Nous vous rappelons que les installations artistiques de la Forêt monumentale sont des œuvres et non des aires de jeux. » Cet avertissement en préambule en dit peut-être long sur la réussite de « La Forêt monumentale », un parcours d’œuvres monumentales à découvrir en forêt de Roumare, le long d’une balade de quatre kilomètres. Volontiers amusantes, les œuvres animent la forêt d’une aura de conte – on comprend donc aisément pourquoi certains enfants poussent le bouchon jusqu’à vouloir jouer avec elles… Le Chinois Linfeng Zhou, par exemple, a choisi d’inviter un gland géant sous les arbres façon Jack et le Haricot magique, quand le Polonais Jan Sajdak a apporté ses trois chameaux géants, tressés en osier et ondulant avec leur ventre rond, apparitions stupéfiantes dans cette forêt normande. Si l’on cite encore Gargan le géant tout en bois de Thomas Dambo ou les arbres recouverts de couleurs hallucinogènes par la Boa Mistura Team, il y a de quoi, vraiment, se croire dans l’illustration grandeur nature d’une folle fable pour enfants !

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La Forêt monumentale

Du 1 juin 2024 au 30 septembre 2026

www.laforetmonumentale.fr

À L’Isle-sur-la-Sorgue, la sculpture fait corps

Niki de Saint Phalle, Last Night I Had a Dream

Niki de Saint Phalle, Last Night I Had a Dream, 1968

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Installation • dimensions variables • Coll. Galerie De Jonckheere, Genève • Courtesy De Jonckheere Gallery / © 2024 Niki Charitable Art Foundation / © ADAGP, Paris 2024 / Photo Bertrand Michau

Une femme en jupe longue et talons hauts se cache la tête dans sa veste, tournée contre un mur. On sursaute ! Mais que fait-elle, et pourquoi interrompt-elle sa visite de la fondation Villa Datris ? Œuvre hyperréaliste de Daniel Firman, Justine 2nd mouvement (2020) ouvre le parcours de cette exposition collective tournée vers la représentation du corps. Rebondi et joyeux chez Niki de Saint Phalle, géométrique et dansant chez Joel Shapiro, délirant et poilu chez Nick Cave, incarné par son seul pouce tendu chez César, ultra-politique chez Kehinde Wiley, le corps revêt ici 1 000 apparences, tantôt burlesques, sensuelles ou extravagantes, tantôt intimes, complexes, et souvent poignantes. Un thème plus que jamais d’actualité à l’heure des Jeux olympiques et de la valorisation de la performance.

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Faire corps – Fondation Villa Datris

Du 19 mai 2024 au 3 novembre 2024

fondationvilladatris.fr

À la Nil Gallery, à la rencontre de 8 artistes figuratifs brésiliens

Bianca Foratori, Feira de Domingo

Bianca Foratori, Feira de Domingo, 2024

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Acrylique sur toile • 130 × 100 cm • Coll. particulière • Courtesy Nil Gallery

Deux femmes noires s’enlacent tendrement ; l’une tient entre ses doigts une petite fleur blanche qu’on imagine comme la métaphore d’une fragilité à préserver. Cette superbe peinture de Bianca Foratori plante pourtant deux femmes larges, fières, épanouies, devant un tissu traditionnel aux motifs géométriques. Quel portrait ! Pour son exposition collective dédiée à la scène figurative brésilienne, la Nil Gallery a souhaité mettre en avant « des thèmes tels que l’indigénéité, la résilience et la quête de reconnaissance des communautés LGBT+ et celles encore marginalisées », nous explique sa directrice Adja Ndiaye. On y découvre le travail de Bruno Alves, qui peint des portraits sur des tissus trouvés dans son quartier, en périphérie de São Paulo, ou celui de Raphael Oboé, qui crée de superbes céramiques anthropomorphes, chargées d’une « résistance autochtone face au colonialisme ». Un accrochage puissant !



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