Mémoire, mouvement, matière et transmission… En ce printemps 2026, les bonnes expositions fleurissent dans les galeries à Paris. À la galerie Mayoral, on se concentre sur les liens du sculpteur Calder avec la capitale tandis qu’à la galerie Les filles du calvaire, l’artiste Michel Jocaille effeuille les symboles du muguet, la fleur du joli mois de mai.
Parmi les autres bonnes raisons de pousser les portes des galeries (en entrée libre !), on découvre l’émouvante histoire de Diane Esmond à travers les yeux de à sa petite-fille Adrianna Wallis à la galerie Anne-Laure Buffard, on admire les gravures de la Suédoise Mamma Andersson ou les tableaux du Sénégalais Alioune Diagne. À cueillir sans attendre !
Calder en mouvement à la galerie Mayoral

Vue de l’exposition « Calder » à la galerie Mayoral, Paris
© photo : Aurélien Mole
Au centre d’une magistrale exposition à la fondation Vuitton, Alexander Calder (1898–1976) s’installe aussi avenue Matignon à la galerie Mayoral, laquelle a choisi de s’intéresser aux liens de l’artiste avec Paris. Depuis son arrivée dans la capitale en 1926, Calder n’a cessé d’inventer un langage sculptural inédit, se liant avec Joan Miró, découvrant l’atelier de Piet Mondrian. Les vannes de l’abstraction ouvertes, il explore un mouvement suspendu, ce que Marcel Duchamp nommera ses « mobiles ». Rappelant que Paris fut bien plus qu’une escale pour ce sculpteur de la légèreté, l’accrochage réunit gouaches et totems.
Du 9 avril 2026 au 5 juin 2026
Galerie Mayoral • 36 Avenue Matignon • 75008 Paris
galeriamayoral.com
Le premier printemps de Michel Jocaille à la galerie Les filles du calvaire

Vue de l’exposition « Michel Jocaille. Lily of the Valley » à la galerie Les filles du calvaire, Paris
© photo : Nicolas Brasseur
Il est des fleurs chargées de symboles : au 1er mai, offrez un brin de muguet ! Originaire du bassin textile du nord, Michel Jocaille (né en 1987) convoque la fleur à clochettes blanches dans une première exposition personnelle à la galerie Les filles du calvaire, à cueillir jusqu’à l’été. L’artiste, que l’on a déjà remarqué dans les vitrines de Noël de la Samaritaine en 2024, effeuille ce motif qui véhicule la mémoire des luttes ouvrières et populaires. Déjouant les normes avec fluidité, ses assemblages hétéroclites – velours gravé au laser, crochet, strass, coquillages – laissent éclore une esthétique camp qui revendique l’artificialité comme une forme de résistance. L’ornement ici n’est pas décoratif, il raconte.
Michel Jocaille. Lily of the Valley
Du 5 mai 2026 au 20 juin 2026
Galerie Les Filles du Calvaire • 17 Rue des Filles du Calvaire • 75003 Paris
www.fillesducalvaire.com
Dialogue bouleversant à la galerie Anne-Laure Buffard

Vue de l’exposition « Adrianna Wallis et Diane Esmond. Il restera la gravité » à la galerie Anne-Laure Buffard, Paris
Née d’une plongée dans des archives historiques, cette exposition réunit une petite-fille et sa grand-mère à travers le temps et la perte. Diane Esmond (1910–1981), peintre spoliée par les nazis dont les toiles furent brûlées devant le Jeu de Paume, dialogue ici avec les photographies silencieuses d’Adrianna Wallis (née en 1981), artiste qui s’inspire de milliers d’inventaires d’objets pillés (natures mortes, chapeaux, petites cuillères…) rédigés de mémoire par des familles juives après la Seconde Guerre mondiale. Un projet de restitution poétique, douloureux et nécessaire.
Adrianna Wallis et Diane Esmond. Il restera la gravité
Du 5 mai 2026 au 16 juin 2026
Galerie Anne-Laure Buffard • 6 Rue Chapon • 75003 Paris
annelaurebuffard.com
Le patrimoine d’Alioune Diagne à la galerie Templon

Photographie d’Alioune Diagne dans son atelier
© photo : Carmen Abd Ali
En wolof, saytu (titre de cette expo à la galerie Templon) signifie chercher, inspecter, trouver ce qui est précieux. C’est précisément ce qu’a fait Alioune Diagne (né en 1985) en sillonnant pendant deux ans son Sénégal natal profond, pour aller à la rencontre des minorités bassari, bédik, dialonké et coniagui, dans des contrées reculées. De retour à Paris après un triomphe à la Biennale de Venise 2024, l’artiste traduit ces rituels en peinture par de fameux « signes inconscients », petites touches pointillistes agrégées en scènes d’une intensité sidérante. Masques, danses, chants, cette œuvre-archive pose la question de ce que demain saura encore transmettre.
Alioune Diagne. Saytu
Du 21 mai 2026 au 18 juillet 2026
Galerie Templon • 28 Rue du Grenier-Saint-Lazare • 75003 Paris
www.templon.com
Les gravures frissonnantes de Mamma Andersson chez David Zwirner

Vue de l’exposition « Mamma Andersson. Œuvres sur papier » à la galerie David Zwirner, Paris
© Mamma Andersson / ARS, New York / Bildupphovsträt, Sweden / courtesy of Mamma Andersson et David Zwirner / photo : Nicolas Brasseur
Ses scènes énigmatiques, ses cerfs, intérieurs et paysages nordiques sous la neige empruntent autant à Hammershøi qu’aux estampes chinoises. La Suédoise Mamma Andersson (née en 1962) revient à Paris chez son galeriste David Zwirner avec une série de gravures inédites réalisées à l’Atelier Tazé-Lipreau-Araï, à quelques pas de l’espace d’exposition. Le papier, chez cette lauréate du onzième prix de dessin de la fondation d’art contemporain Daniel et Florence Guerlain, n’est jamais un support secondaire : il laisse l’idée respirer, l’étrangeté s’installer. Un accrochage pour les amoureux du trait romantique et des atmosphères troubles.
Mamma Andersson. Œuvres sur papier
Du 23 avril 2026 au 27 juin 2026
David Zwirner Paris • 108 Rue Vieille du Temple • 75003 Paris
www.davidzwirner.com
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