Comme de coutume, le mois de novembre sera photographique ou ne sera pas. Outre la foire Paris Photo au Grand Palais, de très nombreuses expositions gratuites se visitent sur tout le territoire. Nous vous avons par exemple déjà parlé de la biennale de la Petite Photographie, micro-expo de onze photographes travaillant le (très) petit format dans une galerie du 6e arrondissement de Paris.
On notera aussi le très riche agenda de Photo Days, qui fédère des expositions dans des dizaines de galeries et d’institutions où l’entrée est libre, comme chez Jean-François Cazeau, à la galerie du jour, chez Polka ou chez Thaddaeus Ropac, ou encore au Centre culturel canadien, au Quai de la photo ou au Lavoir numérique. Et sinon ? Suivez le guide !
À Vannes, un tout nouveau tiers-lieu culturel de 600 m2

Germain Ipin, Coup de vent : Louvoyer, 2026
Peinture murale et dessin d’enfants sur feuilles de papier • © Sébastien Le Gourriérec
Bonne nouvelle pour les Bretons ! Malgré la fermeture imminente pour déménagement du musée de La Cohue à Vannes, les amateurs d’art actuel peuvent désormais fréquenter La Traverse, tiers-lieu culturel qui métamorphose les anciens bureaux de la direction départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) en un vaste parcours artistique de 600 m2, installé sur la rive gauche du port de Vannes. Cet automne, on y découvre ainsi les œuvres de dix-neuf artistes contemporains et urbains – Jean Faucheur, Amandine Urruty, Isaac Cordal ou Broken Fingaz –, chacun investissant une pièce du bâtiment. La Traverse est également un lieu de vie à part entière, avec un bar, une terrasse sur le port, des ateliers d’artistes et même une salle de théâtre et de cinéma. Tous à Vannes !
Dialogie. De l’éclaircie à l’horizon
La Traverse – Vannes • 8 Rue du Commerce • 56000 Vannes
www.latraverse.art
À la fondation EDF, quand la lumière se met à danser

Spectacle « L’Ombre » de Blanca Li et Édith Canat de Chizy au festival ManiFeste, 2025
Bonne nouvelle : l’excitante exploration transdisciplinaire « Dans(e) la lumière » revient pour une troisième édition à la fondation EDF, dans le 7e arrondissement de Paris. Comme à chaque fois, artistes et chorégraphes sont réunis dans une programmation qui allie exposition (gratuite donc), événements et spectacles de danse (payants quant à eux), pour analyser la façon dont des œuvres d’aujourd’hui revisitent les possibles de la lumière. En continu, on pourra découvrir l’installation vidéo inédite de l’artiste Tiler Gab et de la danseuse Nùria Guiu Sagarra, intitulée Keep Dancing, dans laquelle le visiteur, guidé par la lumière, peut danser, rêver ou même faire du yoga sur une création musicale de Thomas Vaquié. L’agenda compte aussi des créationsde Blanca Li, Noé Chapsal, Helena Olmedo ou Maud Le Pladec, ainsi que des performances de jeunes chorégraphes issus du dispositif « IADU » (Initiatives d’artistes en danses urbaines).
Dans(e) la lumière 2026
Du 4 novembre 2026 au 31 janvier 2027
Espace Fondation EDF • 6 Rue Juliette Récamier • 75007 Paris
fondation.edf.com
À Nantes, une nouvelle galerie pour l’art contemporain

Izabeau Jousse, Architecture de jambe, 2025
Acrylique sur toile • 120 × 100 cm • © Photo Galerie Angelo
C’est une belle histoire, que nous avons déjà racontée dans nos pages : en 2021, à Nantes, une mère et son fils de 23 ans décident d’ouvrir une galerie exclusivement dédiée à la redécouverte d’artistes négligés par la grande histoire de l’art, la galerie des Oubliés. Cette année, Léopold Cottineau poursuit sa conquête du marché de l’art en inaugurant – toujours à Nantes – la galerie Angelo, dédiée à la scène contemporaine. Pour sa première exposition, le jeune homme ne dévie pas tout à fait de sa trajectoire familiale puisqu’il décide d’exposer une trentaine de peintures de sa propre mère (et associée, donc), Izabeau Jousse (née en 1967). Celle-ci n’avait rien présenté au public depuis une dizaine d’années, et dévoile des compositions géométriques à l’intense palette chromatique, où, explique-t-elle, « apparaissent des femmes paisibles qui déploient leurs jambes vers l’extérieur et réfugient leur visage dans leurs mains, ferment les yeux pour se cacher un peu ».
Izabeau Jousse. Géométrie du silence
Du 4 novembre 2026 au 5 décembre 2026
Galerie Angelo • 2 Rue de Bréa • 44000 Nantes
galerieangelo.com
À Clichy et Senlis, 100 photographies réunies par la fondation Francès

Vue de l’exposition « Faire corps » à la fondation Francès, Clichy, 2026
Ils n’ont pas froid aux yeux. « L’art est juste lorsqu’il nous invite à réfléchir, à frémir, à infléchir nos points de vue. Lorsqu’il nous pousse aussi parfois à déglutir ou à vomir », déclarent le couple de collectionneurs Estelle et Hervé Francès sur le site de leur fondation. Pour le bicentenaire de la photographie, la grande exposition qu’ils organisent dans leurs deux espaces, à Senlis et à Clichy, ne fait pas exception à cette ambition, et témoigne encore une fois de la force des œuvres qu’ils achètent depuis exactement 20 ans. Sous le commissariat d’Estelle Francès, celle-ci se divise en deux chapitres, axés sur la photographie et le cinéma à Senlis et sur le corps à Clichy, et réunit des images qui, détaille la collectionneuse, « disent autant de nous que des artistes qui les ont faites. Le bicentenaire était le moment de partager ce qui, jusqu’ici, restait entre nous. »
Faire corps. Vingt ans de photographie dans la collection Francès à Senlis
Du 25 septembre 2026 au 19 décembre 2026
Fondation d’entreprise Francès • 27 Rue Saint-Pierre • 60300 Senlis
www.fondationfrances.com
Faire corps. Vingt ans de photographie dans la collection Francès à Clichy
Du 25 septembre 2026 au 19 décembre 2026
Fondation d’entreprise Francès – Clichy • 21 Rue Georges Boisseau • 92110 Clichy
www.fondationfrances.com
À Paris, la Maison Gacha met à l’honneur le patrimoine camerounais du ndop

Vue de l’exposition « Ndop. Filer le bleu pour raconter un monde » à la Maison Gacha, 2026
C’est un lieu singulier, qui a ouvert ses portes il y a bientôt deux ans rue des Épinettes, dans le 17e arrondissement. Sur l’initiative de Ly Dumas, la Maison Gacha a été créée pour valoriser « les savoir-faire et les métiers de la main d’Afrique et d’ailleurs ». Sa nouvelle exposition entre dans les secrets du ndop, un textile teint en blanc et bleu paré de motifs, dont les savoir-faire circulent entre le Cameroun et le Nigeria. Autrefois attribut du pouvoir royal, y apprend-on, celui-ci se trouve aujourd’hui largement diffusé grâce à une production industrielle, son histoire reflétant les évolutions du monde. Le parcours réunit de fascinantes œuvres bamoun, bamiléké et wukari, dont des costumes, des accessoires et des masques. À voir !
Ndop. Filer le bleu pour raconter un monde
Du 21 octobre 2026 au 27 février 2027
Maison Gacha • 5 Rue des Epinettes • 75017 Paris
maisongacha.org
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