À chaque Nuit blanche, sa géographie. Cette année, la DJ Barbara Butch a choisi de miser sur le centre et la rive droite de Paris en investissant notamment l’Hôtel de Ville, le Carreau du Temple, le Petit et le Grand Palais, ainsi que la place Stalingrad, avec également une incursion tout à l’ouest, entre les murs de la fondation Vuitton.
Au programme ? De prometteuses installations et performances artistiques, bien sûr, mais aussi de nombreux moments de fête, de musique et de danse, ainsi qu’un peu de sport (avec un cours proposé dès 17h30 sur le parvis de l’Hôtel de Ville !), l’arrivée très attendue d’un bateau… Et, surtout, un fil plus rouge que jamais, autour de la portée poétique et politique de l’amour !
À l’Hôtel de Ville, un lancement en fanfare

La Déclaration, DJ set de Barbara Butch
Pour ouvrir cette Nuit blanche annoncée avec un gros cœur rouge, Barbara Butch ne pouvait que proposer un grand DJ set gratuit et ouvert à tous ; celui-ci durera près de trois heures, prendra place sur le parvis de l’Hôtel de Ville dès 19h, et promet d’être aussi festif que rassembleur. Ensuite, un video mapping géant métamorphosera le monument en vaste cœur battant, de 22h à 3h du matin, orchestré par la structure créative ALT SHIFT et le studio V.P.M. Autre grande déclaration d’amour, mais cette fois-ci à voir au petit bonheur la chance : Barbara Butch a signé pour cette nuit de fièvre un film à faire fondre les cœurs les plus froids en proposant à des Parisiennes et Parisiens de se lancer face caméra dans une déclaration d’amour. La vidéo sera projetée sur des camions qui sillonneront la ville de 17h à minuit.
La piscine Château-Landon transformée en paysage onirique par Annette Messager

Annette Messager, Lignes de la main (Sirène et Bateau), 1988
© Studio Annette Messager, © Adagp, Paris, 2026
Ce sera probablement l’une des visions les plus marquantes de cette édition : dans le 10e arrondissement, Annette Messager (née en 1943) va transformer la piscine Château-Landon en improbable paysage mythologique. Actuellement à l’honneur du musée de la Chasse et de la Nature, la plasticienne a pour projet de convier des sirènes et des tritons dans le bassin tout récemment rénové, et d’immerger le bâtiment tout entier dans un univers aquatique et onirique. Dans le même arrondissement, Marie-Luce Nadal (née en 1984) investit l’église Saint-Laurent avec une grande installation sonore. Comme Barbara Butch avec son film de déclarations d’amour, l’artiste a sollicité des anonymes pour enregistrer leurs voix, leur demandant de raconter leurs plus secrets désirs…
Dans le 19e arrondissement, la place Stalingrad illuminée par Marinella Senatore

Marinella Senator, We Rise By Lifting Others, 2023
Courtesy Marinella Senator et Mazzoleni / Photo Todd White
Autre quartier, autre apparition dans la nuit noire : place Stalingrad, à deux pas de la célèbre Rotonde et des cinémas du canal de l’Ourcq, l’artiste italienne Marinella Senatore (née en 1977) va édifier une architecture de rêve et de lumière, inspirée des Luminarie, ces décorations lumineuses traditionnelles du sud de l’Italie. On passera ensuite saluer le bateau-installation du studio Mr. & Mr., parti de Sète le 3 avril pour arriver à Paris par voie fluviale, à deux pas du 33 quai de la Loire. À quelques minutes à pied de là, on fera aussi un crochet par la place du Colonel-Fabien, où 14 étudiants des Beaux-Arts de Paris s’emparent de l’Espace Niemeyer avec un parcours d’installations immersives. Un tout petit peu plus au nord, mais toujours accessible à pied, on courra assister le long du bassin de la Villette aux défilés des majorettes Majors Girls de Montpellier à 19h et à 23h30 (elles défileront également sur le parvis de l’Hôtel de Ville à la fin du DJ set de Barbara Butch, à 21h40).
Dans l’ouest, une expérience miroitante de Mathias Kiss au Petit Palais

Mathias Kiss, Liquid Mirror, 2026
© Alice Heart © Adagp, Paris, 2026
À vos appareils photo ! Au Petit Palais, Mathias Kiss (né en 1972) imagine Liquid Mirror, une installation de pixels miroitants qui gouttent du plafond et s’étalent sur le sol en une vaste flaque dans laquelle on regarde le monument se refléter comme une illusion. Juste en face, au Grand Palais, l’artiste polonais Milosh Łuczyński (né en 1973) n’y va pas par quatre chemins avec son gigantesque cœur flottant, lequel raconte la force de l’amour comme sa fragilité. Un peu plus à l’ouest, on poussera jusqu’à la fondation Vuitton pour se plonger dans l’atmosphère délicieusement romantique d’une soirée dédiée à l’art vidéo et à la poésie, avec des œuvres de Valie Export, Valérie Mréjen ou Anri Sala, et des lectures des poètes Atallah Chettaoui, Rim Battal, Karim Kattan et Nanténe Traoré.
Au Carreau du Temple, épicentre de la fête et de la danse

Yellow Party, bal participatif organisé par le chorégraphe Mickaël Phelippeau
© Ville de Malakoff / Toufik Oulmi
Après la récente (et excellente) exposition qu’a consacrée la Philharmonie au Boléro de Ravel, on se replongera dans sa mécanique répétitive et grisante au Carreau du Temple, où le chorégraphe Olivier Dubois en propose une relecture énergique avec 50 danseurs et le musicien Yuksek. Autre création chorégraphique, celle de Leïla Ka, jouée à 17h et 19h et intitulée C’est toi qu’on adore, qui rassemble 26 danseurs du Conservatoire. La nuit se prolongera avec une Yellow Party dès 23h, un grand bal participatif organisé par le chorégraphe Mickaël Phelippeau et dont le dress code est très simple : venez habillés de jaune ! Enfin, ne quittez pas le quartier du Marais sans faire un tour au jardin des Rosiers Joseph-Migneret, lequel s’illuminera d’une enthousiasmante installation vidéo de tapis persans numériques, conçue par David Mottahedèh (né en 1994).
Le samedi 6 juin 2026
Pour en savoir plus, consultez le site de la Mairie de Paris
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