Un week-end à Digne-les-Bains, entre splendeurs géologiques, paysagères et artistiques


Dans la spectaculaire vallée du Bès, le sentier grimpe à travers les terres rouges jusqu’aux ruines de l’ancien hameau du Vieil Esclangon. L’artiste britannique Andy Goldsworthy y a transformé une ancienne habitation en refuge, l’un des sept du projet « Refuge d’art » qu’il a imaginé dans le Géoparc de Haute-Provence, vaste territoire de 2 000 km² et 67 communes, labellisé par l’UNESCO pour son patrimoine géologique. Sur un mur, une longue forme rouge serpente dans l’argile, comme si le chemin parcouru s’était imprimé dans la maison.

De cette aventure est né « L’Art en montagne », projet hors les murs du musée Gassendi de Digne, qui réunit aujourd’hui une cinquantaine d’œuvres de Richard Nonas, Joan Fontcuberta, Lara Almarcegui, Mark Dion et d’autres.

L’artiste britannique Andy Goldsworthy a imaginé le parcours « Refuge d’art », soit 150 km à parcourir à pied pour relier trois Sentinelles (cairns en pierre sèche) et sept refuges aménagés dans d’anciennes chapelles, fermes ou bergeries

L’artiste britannique Andy Goldsworthy a imaginé le parcours « Refuge d’art », soit 150 km à parcourir à pied pour relier trois Sentinelles (cairns en pierre sèche) et sept refuges aménagés dans d’anciennes chapelles, fermes ou bergeries

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Après le refuge, en contrebas, le Vélodrome déploie son spectaculaire pli géologique, formé par la compression de couches sédimentaires déposées il y a des millions d’années. La montagne semble ici avoir été froissée comme une étoffe.

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22 randonnées d’art contemporain

Plus d’informations le site internet de Refuge d’art et sur celui du musée Gassendi

Fossiles et terres noires

Il suffit de quelques pas pour changer d’échelle. Dans le parc Saint-Benoît, à l’entrée de la ville, le musée Promenade raconte 300 millions d’années d’histoire de la Terre. Porte d’entrée du Géoparc de Haute-Provence, il domine Digne et la vallée de la Bléone. On traverse les jardins, on longe la cascade et on découvre les œuvres d’art avant de gagner la collection de fossiles. Cinq cairns d’eau d’Andy Goldsworthy, réalisés en 1998, ponctuent le chemin.

Plus loin, à la sortie de la ville en direction de Barles, les Terres Noires déploient leurs reliefs de marnes sombres. Dans ce paysage sculpté par l’érosion, la dalle aux ammonites rassemble plus de 1 500 fossiles, vestiges d’un océan disparu il y a quelque 200 millions d’années.

Un foyer d’art contemporain

À l’entrée du parc Saint-Benoît, le centre d’art Cairn fait du territoire un terrain d’expérimentation. En résidence, l’auteur et dessinateur Sammy Stein s’est plongé dans les écrits d’Alexandra David-Néel, mais aussi dans l’univers de Jean Perdrizet (1907–1975), artiste d’art brut ayant vécu à Digne, passionné de communication avec les morts et les extraterrestres.

Pour « Sous le soleil brûlant, je descendis la colline calcinée », Stein transforme ces récits en une cartographie mentale de la ville, peuplée de traces, de figures et de détours. Une exposition qui prolonge, à sa manière, l’étrange histoire de « L’Art en montagne ».

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Sammy Stein – Sous le soleil brûlant, je descendis la colline calcinée

Du 11 septembre 2026 au 1 novembre 2026

www.dignelesbains-tourisme.com

L’esprit des lieux selon Pierre Gassendi

Dans la cathédrale romane Notre-Dame-du-Bourg, l’artiste canadien David Rabinowitch a conçu entre 1995 et 1998 un ensemble liturgique unique comprenant vitraux, mobilier liturgique et incrustations au sol. Une œuvre discrète, qui se transforme selon la lumière et les saisons.

À quelques rues de là se trouve le musée Gassendi (fermé pour travaux jusqu’à fin 2027). Il porte le nom du philosophe et naturaliste Pierre Gassendi, enfant du pays, dont la pensée fondée sur l’observation continue d’inspirer les liens entre art et science qui traversent le musée. À Roche-Rousse, l’artiste néerlandais herman de vries a poussé cette réflexion jusque dans le paysage. Gravée dans la roche, une formule de Gassendi fait écho au « Cogito, ergo sum » de Descartes : « Ambulo, ergo sum », « Je marche, donc je suis ».

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Cathédrale Notre-Dame-du-Bourg

Quartier du Bourg

Plus d’informations sur le site de paroisse de Digne

Dans la maison d’Alexandra David-Néel, souvenirs de voyages

La Maison d’Alexandra David-Neel, restaurée telle qu’elle était du vivant de l’exploratrice

La Maison d’Alexandra David-Neel, restaurée telle qu’elle était du vivant de l’exploratrice

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© Lionel Montico / Hemis

Il suffit d’en franchir le seuil pour comprendre que Digne fut pour Alexandra David-Néel moins un point d’arrivée qu’un camp de base. Installée dans la ville en 1928, l’exploratrice y conserva les objets rapportés de ses voyages en Inde, au Tibet, au Népal, en Chine ou au Japon. La maison, qu’elle nomma « Résidence de la Réflexion » et où elle vécut jusqu’à sa mort en 1969, à l’âge de 100 ans, conserve son cabinet de travail.

Elle accueille aujourd’hui Guimet+, un programme du musée national des Arts asiatiques de Paris qui fait voyager ses collections en région. Jusqu’au 31 octobre, « Monde indien – Afghanistan, Inde, Pakistan, Gandhara » réunit des chefs-d’œuvre du musée Guimet. En décembre, une nouvelle sélection consacrée à la Chine prendra le relais. Le voyage se poursuit.

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Maison Alexandra David-Néel

L’hôtel coup de cœur : villa Gaïa, une pause au vert

Les chambres s’ouvrent sur le jardin où se côtoient cèdres du Liban, tilleuls et séquoias

Les chambres s’ouvrent sur le jardin où se côtoient cèdres du Liban, tilleuls et séquoias

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Un parc boisé, un potager, une serre victorienne, une oliveraie… La villa Gaïa donne envie de ralentir. Installée dans une demeure du XVIIIe siècle entourée d’un merveilleux jardin, cette maison d’hôtes de onze chambres cultive un charme discret. Ici, pas de décor spectaculaire ni de luxe démonstratif mais des chambres simples et spacieuses, une table qui privilégie les produits locaux et, surtout, cette sensation agréable d’être ailleurs.

L’ensemble du domaine est classé refuge LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) depuis 2018. À quelques minutes du centre-ville, villa Gaïa est bien située pour rejoindre la maison Alexandra David-Néel et le parc Saint-Benoît. À partir de 65 € la petite chambre double, jusqu’à 180 € pour une chambre familiale. Demi-pension à partir de 165 € pour deux personnes.

Nusa Café

Juste en face de la maison Alexandra David-Néel, Nusa est l’adresse idéale pour une pause après la visite. Cuisine végétale et produits de saison composent une carte légère, à déguster sur le pouce ou sur la terrasse. Plats de 14 à 16 €. Fermé le week-end.

Plus d’informations sur le compte Instagram de Nusa

Le Pressoir gourmand

À une dizaine de minutes de Digne, à Mézel, Olivier propose une cuisine locavore. Agneau de pays, petit épeautre de Thoard, fromages locaux et légumes de saison se retrouvent dans des assiettes simples et généreuses, élaborées autant que possible avec des produits bio. Menu à partir de 28 € le midi (semaine).

Plus d’information sur le site du Pressoir gourmand

La Bonne Étape

Une étoile au Guide Michelin depuis 1964 ! À 40 km de Digne, à Château-Arnoux-Saint-Auban, cette institution familiale cultive une haute idée de la Provence. Au menu : agneau de Sisteron rôti, truite des Écrins aux agrumes et glace au miel de lavande… Menus de 95 à 175 €. L’établissement compte également un hôtel quatre-étoiles Relais & Châteaux de 18 chambres.

Plus d’informations sur le site de La Bonne Étape 

Digne-les-Bains est à 2h de route de Marseille et 1h30 d’Aix-en-Provence. En train, le TGV dessert la gare d’Aix depuis Paris et plusieurs grandes villes. La Ligne Express Régionale (bus) relie ensuite Digne cinq fois par jour.

Autre option, le fameux Train des Pignes qui relie Nice à Digne en environ 3h30, à travers l’arrière-pays provençal et les paysages montagneux.

Plus d’informations sur le site internet de l’office de tourisme de Digne-les-Bains et celui du Géoparc de Haute-Provence





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