«Gilets jaunes», lycéens et étudiants mais aussi fonctionnaires et agriculteurs ont prévu de se retrouver ce samedi après-midi pour manifester. À Paris, la préfecture de police a pris un certain nombre de mesures pour protéger les bâtiments et quartiers stratégiques.
Les manifestants n’auront pas le droit de s’approcher des Champs-Élysées ce samedi 17 octobre. Dans un contexte particulièrement tendu après plusieurs semaines de mobilisation lycéenne, ponctuée de plusieurs défilés importants dans la capitale, le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a pris des arrêtés d’interdiction de manifester dans plusieurs secteurs stratégiques, autour de l’Élysée, de Matignon et incluant la plus belle avenue du monde.
Toute la journée ce vendredi, des discussions ont eu lieu pour déterminer le parcours du cortège parisien qui partira finalement ce samedi à 14h de la place de la République vers la place de Clichy, selon la CGT, l’Union étudiante et l’Union syndicale lycéenne. La préfecture a refusé une arrivée dans le centre, comme le souhaitaient des organisations lycéennes et étudiantes, qui ont demandé un rendez-vous au premier ministre.
À savoir qu’une autre manifestation a été déclarée par plusieurs «gilets jaunes», à laquelle des syndicats se sont joints pour un parcours allant de la place de l’Opéra, en plein centre de Paris, à la place de la Bastille. La préfecture a par ailleurs laissé entendre qu’il y avait un «risque sérieux» que les participants à la manifestation d’Interfac IDF se déportent sur le cortège pourtant interdit des «gilets jaunes» et des syndicats.
Des restrictions de circulation
C’est aussi la raison pour laquelle un certain nombre de quartiers sont barricadés ce samedi, placés depuis vendredi soir sous haute surveillance, entraînant un certain nombre de restrictions de circulation. Si les Champs-Élysées ne sont pas ce samedi matin fermés à la circulation, il est fortement déconseillé de se rendre dans ce quartier. Tôt ce matin, des barrières y avaient été érigées par des manifestants. «Aussitôt installées, aussitôt retirées», a ensuite communiqué la PP, appelant chacun «à exprimer ses revendications dans le calme et dans le respect de l’ordre public».
Dans Paris Centre, la circulation sera interdite quai des Orfèvres, dans sa partie comprise entre la rue de Harlay et le boulevard du Palais, boulevard du Palais, dans sa partie comprise entre le pont Saint-Michel et le quai de la Corse et quai du Marché Neuf – Maurice Grimaud, dans sa partie comprise entre le boulevard du Palais et la rue de la Cité. Et ce, en raison de l’organisation d’une cérémonie en hommage aux victimes du 17 octobre 1961, à l’angle du pont Saint-Michel et du quai du Marché Neuf.
En outre, tous les rassemblements qui pourraient avoir lieu samedi sur l’avenue des Champs-Élysées mais aussi la place de la Concorde, la place de la Bourse, la place du Châtelet, le secteur Châtelet-Les Halles, la place de la Bastille, la place d’Italie et leurs abords ainsi que ceux aux abords de l’Élysée, du ministère de l’Intérieur, de Matignon, de l’Assemblée nationale, du Sénat, du palais de justice, de la préfecture de police, de l’hôtel de ville et des gares parisiennes sont interdits. Les contrevenants pourront être verbalisés à hauteur de 135 euros, a prévenu la PP, appelant les manifestants à emprunter les itinéraires alternatifs qui correspondent mieux aux «impératifs de sécurité».
Stations de métro fermées
Pour l’occasion, la RATP a annoncé la fermeture de 25 stations de métro et RER dès ce samedi 8h, «à la demande de la préfecture de Police». Dans le détail, les arrêts ne seront pas desservis ce samedi 17 octobre dès 8h du matin à Charles de Gaulle-Étoile (lignes 1, 2 et 6, RER A), Champs-Élysées – Clemenceau (lignes 1 et 13), Concorde (lignes 1, 8 et 12), Opéra (lignes 3, 7 et 8), Tuileries (ligne 1), Pyramides (lignes 7 et 14), Madeleine (lignes 8, 12 et 14), Assemblée nationale (ligne 12) et Miromesnil (lignes 9 et 13)
À partir de 12h, «les trains circuleront sans marquer l’arrêt et les correspondances ne seront donc pas assurées» aux stations Anvers (ligne 2), Blanche (ligne 2), Pigalle (ligne 2 et 12), Bastille (lignes 1, 5 et 8) et Bourse (ligne 3).
EN DIRECT – Manifestations du 17 octobre : des incidents à Lyon, des barrages filtrants par des «gilets jaunes» à Rennes et des commerces barricadés à Paris
Une journée de crise, surveillée de près
Les manifestations ont été placées sous haute surveillance par les autorités. En marge de cette journée de mobilisations, le premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué une cellule interministérielle de crise (CIC), au niveau des directeurs de cabinet du premier ministre, du ministre de l’Intérieur et des autres membres du gouvernement concernés.
Dans la capitale, près de 80.000 personnes pourraient battre le pavé, avec la crainte de sérieux «risques de désordre et de troubles à l’ordre public». Convaincus que le mouvement lycéen devrait « retomber le temps des vacances» et que les étudiants ne sont «pas prêts à un soulèvement généralisé , les états-majors sont donc sur le qui-vive
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