Un enfant sans siège automobile dédié ou tourné face à la route trop tôt… Une étude menée par Ipsos et la marque Cybex met en avant le nombre trop important de comportements à risque des parents.
Un petit mannequin est installé dans un siège, sans protection particulière si ce n’est une ceinture. Le long d’une rampe de crash-test, le fauteuil est lancé à 30 km/h avant d’être arrêté brusquement. La vitesse ne semble pas spectaculaire, mais elle suffit à tordre la poupée de chiffon. «Même à 30 km/h, un choc peut éjecter l’enfant de son siège», met en garde Étienne Engrand, directeur général en France de Cybex, une entreprise allemande spécialisée dans les équipements de puériculture, dont les sièges auto. Avec cette démonstration dans les allées du Mondial de l’Auto, la marque espère sensibiliser les automobilistes à la sécurité routière des enfants.
Dans une étude commandée à Ipsos* et dévoilée ce mardi 13 octobre, Cybex met en avant l’imprudence d’un grand nombre de parents. Tandis que le siège automobile est obligatoire jusqu’à l’âge de 10 ans en France, plus d’un enfant sur quatre n’utilise pas systématiquement cet équipement. Pour les nourrissons, les hors-la-loi semblent encore plus nombreux : plus de la moitié des parents installent leur enfant face à la route avant l’âge légal de 15 mois. «Même au-delà de 15 mois, cette position (dos à la route, NDLR) est à privilégier le plus longtemps possible, dans un siège adapté», peut-on lire sur le site officiel de la Sécurité routière. Autre mauvaise pratique répandue : l’abandon précoce du siège à dossier. Dès 121 centimètres (environ 6 ou 7 ans), plus de la moitié des enfants voyagent dans un rehausseur sans dossier. «Sans dossier, la tête n’est pas protégée en cas de choc latéral. Or c’est une part importante des accidents», alerte Étienne Engrand.
Ne pas trop avoir confiance sur les trajets courts
«Le constat appelle à une prise de conscience globale», écrivent les auteurs de l’étude, en décrivant «des habitudes à risque». Comment expliquer ces comportements ? «Il y a une part d’ignorance (sur la réglementation, NDLR)», analyse Christophe Chirol, directeur de recherche chez Ipsos. D’autres parents évoquent le mécontentement des enfants qui pleurent ou tapent des pieds lorsqu’ils sont installés dans un siège auto. Certains parents s’en passent plus précisément pour des trajets courts ou des trajets routiniers. Or ce sont «des parcours sur lesquels surviennent pourtant la majorité des accidents», rappelle l’étude.
*Méthodologie : l’étude a été réalisée par Ipsos pour Cybex en août 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1000 parents d’enfants âgés de 0 à 10 ans possédant au moins une voiture au foyer (méthode des quotas : sexe, âge du parent, région et CSP).
Poster un Commentaire