Le président Volodymyr Zelensky a répondu ce dimanche qu’il n’était pas au courant d’un tel accord mais qu’il était prêt à l’accepter si Moscou faisait de même.
Le président américain Donald Trump a déclaré ce dimanche après-midi que la Russie et l’Ukraine avaient convenu de mettre fin aux frappes contre leurs infrastructures énergétiques respectives. «À compter de maintenant, il y a un CESSEZ-LE-FEU ÉNERGÉTIQUE dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Les deux parties se sont mises d’accord. Ne le rompez pas !», a-t-il écrit sur son réseau Truth Social, sans donner plus de détails.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a répondu ce dimanche au site Axios indiquant ne pas être au courant du cessez-le-feu énergétique, mais a dit être prêt à l’accepter si Moscou fait de même. «L’annonce de ce cessez-le-feu était une nouvelle pour moi. Mais si les Russes acceptent un cessez-le-feu énergétique, l’Ukraine y donnera son accord», a indiqué le dirigeant ukrainien selon le journaliste d’Axios Barak Ravid, qui publie ces déclarations sur X. «Si le président Trump l’a négocié avec Poutine (le président russe), dites-nous quand ce cessez-le-feu entrera en vigueur : nous sommes prêts et nous l’accepterons», a-t-il ajouté.
Plus tard dans la journée, l’Ukraine a indiqué attendre «des détails» de la part de Washington sur ce cessez-le-feu. «L’Ukraine soutient le cessez-le-feu, et il est important que la Russie le soutienne également. Nous attendons les détails de la partie américaine», a déclaré Volodymyr Zelensky sur Facebook. Dans la foulée, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dit soutenir «pleinement l’appel du président Zelensky en faveur d’un cessez-le-feu qui protégerait l’approvisionnement alimentaire mondial et les infrastructures énergétiques en Ukraine et en Russie», dans un message posté sur X après s’être entretenue avec le chef d’État ukrainien. «Et tout mon soutien au président Zelensky, qui mène le combat pour la liberté de son peuple», a-t-elle ajouté.
Selon Volodymyr Zelensky, la Russie a frappé des installations énergétiques en Ukraine «après» l’annonce de Donald Trump.
La Russie «refuse», selon Paris
Le premier ministre britannique Andy Burnham a affirmé dimanche que son pays soutenait «l’appel» de Donald Trump pour la trêve énergétique. «La Russie a intensifié ses frappes contre des infrastructures énergétiques ukrainiennes durant le week-end. (…) Le Royaume-Uni soutient fermement l’appel du président Trump aujourd’hui en faveur d’une trêve énergétique durable sans délai», a déclaré sur X le chef du gouvernement britannique, ajoutant qu’il s’agit «de la meilleure voie pour rétablir l’approvisionnement des marchés mondiaux en énergie et carburant».
De son côté, Emmanuel Macon a également indiqué que «la France soutient sans réserve l’appel à une vraie trêve énergétique», mais que la Russie refuse. «À ce stade, la Russie continue de la refuser en intensifiant ces dernières heures encore ses frappes contre les infrastructures ukrainiennes», a-t-il noté. «La France continuera de se tenir aux côtés de l’Ukraine et du président Zelensky», écrit encore le président français, sans faire de référence directe aux propos de Donald Trump qui a réclamé un changement de président en Ukraine et noué un accord avec la Russie pour la livraison de diesel.
La séquence fait suite à une joute verbale qui a duré tout le week-end. Le président américain avait critiqué samedi les frappes de Kiev sur les raffineries russes et estimé que l’Ukraine devrait «se doter d’un nouveau président», des propos acerbes tenus au lendemain de l’annonce surprise d’un accord entre Washington et Moscou pour l’achat massif de diesel russe assorti d’un assouplissement des sanctions américaines pesant sur la Russie. Un accord critiqué dimanche par le premier ministre canadien Mark Carney lors d’un appel avec le président ukrainien, affirmant que cela «allait directement à l’encontre des efforts en vue d’instaurer la paix» en Ukraine.
«Le premier ministre a clairement indiqué que cet accord allait directement à l’encontre des efforts que déploient l’Ukraine, le Canada et nos alliés en vue d’instaurer la paix et la stabilité en Europe», selon un communiqué publié par Ottawa à l’issue de la conversation. «Cet accord apportera à la Russie des revenus supplémentaires qui contribueront à financer sa guerre illégale et injustifiable contre l’Ukraine», a-t-on ajouté de même source.
C’est aux Ukrainiens de choisir leur dirigeant, a déclaré le président Volodymyr Zelensky dans une interview diffusée ce dimanche sur la chaîne américaine ABC, en réponse aux déclarations de Donald Trump qui a réclamé un changement de président en Ukraine. «Avec tout le respect vis-à-vis du président Trump, c’est à notre société, à notre peuple, qu’il revient de choisir tel ou tel dirigeant», a-t-il déclaré, en réitérant son appel à un cessez-le-feu avec la Russie de «60 jours», ce qui permettrait, selon lui, d’organiser des élections. «Dites à Poutine (le président russe) de nous accorder deux mois, soixante jours de cessez-le-feu total, soixante jours, et nous organiserons les élections», a affirmé Zelensky. «Bien sûr, nous serons prêts à accepter n’importe quel choix de notre peuple», a-t-il ajouté.
Élections en approche
Le gazole a augmenté de plus de 65% aux États-Unis depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, ce qui pèse sur de nombreux secteurs économiques dont l’agriculture et les transports. Donald Trump, qui cherche par tous les moyens à faire baisser les prix aux États-Unis avant les élections de mi-mandat, sait que le prix élevé des carburants est une cause majeure du mécontentement des électeurs.
À cet égard, le président ukrainien a mis la hausse des prix de l’énergie sur le compte de la guerre au Moyen-Orient. «Tout le monde comprend cela», a-t-il dit. Le président ukrainien a encore souligné que son pays avait enduré «une semaine difficile» citant un total de «196» frappes russes contre l’infrastructure énergétique ukrainien et «153 civils» tués.
Malgré les propos de Donald Trump, Volodymyr Zelensky a dit continuer à «compter sur les États-Unis pour nous aider» à mettre fin à la guerre qui entrera en février prochain dans sa sixième année. «Nous comptons sur l’engagement du président (Trump) et de son équipe pour arrêter Poutine (…) C’est l’enjeu principal pour mettre fin à cette guerre, et nous comptons sur le soutien américain», a-t-il dit, en disant espérer que «nous parviendrons à préserver cette unité entre l’Europe et les États-Unis».
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