la colère des parents d’Eden, gravement blessé lors de la mobilisation lycéenne


Les parents de l’adolescent dénoncent des violences «immondes» infligées à son fils. L’enquête a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique avec usage d’une arme.

«J’ai le cœur en miettes», a confié à la presse lundi 5 octobre la mère d’Eden, 14 ans, grièvement blessé il y a une semaine par un tir tendu de lanceur de grenade lacrymogène devant son lycée de Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise. «Il a la mâchoire scellée, il ne peut plus parler et il s’alimente avec une paille», a-t-elle ajouté, au bord des larmes, dénonçant les violences «immondes» infligées à son fils qui a «toutes les dents du haut cassées» et «celles du bas, arrachées».

L’enquête a été confiée à l’IGPN

Les parents de l’adolescent s’apprêtent à porter plainte auprès du parquet de Pontoise pour tentative d’homicide volontaire. Une enquête est déjà confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour violences par personne dépositaire de l’autorité publique avec usage d’une arme. «Parce qu’il faut savoir qu’Eden aurait pu mourir ce jour-là», pointe à leurs côtés Maître Elsa Marcel, avocate et conseillère municipale Révolution permanente à Saint-Denis.


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L’avocate évoque à l’appui des «images accablantes», tournées lundi dernier au lycée Château d’Épluches de Saint-Ouen-l’Aumône, où des élèves s’étaient mobilisés pour revendiquer de meilleures conditions de scolarité. Sur ces séquences vidéo, on voit trois policiers, casqués, en face-à-face avec le lycéen. L’un d’eux assène un premier coup à l’adolescent, qui lui adresse à son tour un coup de pied, avant qu’un tir de lance-grenade dans le visage ne le propulse au sol.

«Notre enfant aurait pu ne pas se relever»

Selon Maître Marcel, cet agent «ne peut pas ignorer que son arme peut mortellement percuter un enfant quand il lui tire dessus à bout portant», à «une distance d’1,50 m», le laissant «gisant au sol». «Ils ont tué ma vie, ils ont gâché ma vie», a dit Eden à son père, «ses premiers mots quand je suis allé le rejoindre». Cette violence, «c’est gratuit», dénonce-t-il, soulignant que son fils «allait simplement à l’école et voulait rentrer chez lui car son lycée était bloqué».

«Pour nous donner de la force, on se dit que ça aurait pu être pire et que notre enfant aurait pu ne pas se relever», ajoute-t-il. «Ça fait mal d’envoyer son enfant à l’école un lundi matin et de le retrouver dans cet état-là… Et ça fait encore plus mal parce que ça continue», assure son épouse, qui souhaite «ne plus voir à l’écran des enfants s’écrouler comme on a vu s’écrouler [son] fils.»

Pour prendre en charge d’importants frais de soins médicaux et psychologiques, les parents d’Eden ont créé une cagnotte en ligne qui a récolté plus de 13.000 euros à ce jour.



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