Les gangs poursuivent leur expansion en Haïti, où l’ONU a recensé plus de 230 enlèvements et plus de 1 000 femmes et filles violées cette année.
Au moins 5700 personnes ont été tuées ou blessées depuis le début de l’année en Haïti, pays ravagé par la violence des gangs, a alerté le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme vendredi 2 octobre. «Du 1er janvier au 11 septembre, mon bureau a recensé au moins 5700 personnes tuées ou blessées par des gangs ou lors d’opérations menées contre eux. Les gangs ont également enlevé plus de 230 personnes et violé plus de 1000 femmes et filles», a déclaré Volker Türk, devant le Conseil des droits de l’homme à Genève, ajoutant que les chiffres réels sont «probablement bien plus élevés».
Pays le plus pauvre des Amériques, Haïti traverse depuis longtemps une crise politique, économique et sécuritaire, mais la situation s’est largement détériorée ces dernières années, les gangs multipliant meurtres, enlèvements, viols et recrutements d’enfants. «Malgré quelques succès dans le confinement de leurs activités dans certaines zones de la capitale, Port-au-Prince, les gangs continuent de s’adapter et de s’étendre, réapparaissant dans de nouvelles zones», notamment dans les départements de l’ouest et du sud-est, a expliqué M. Türk.
Le Haut-Commissaire a aussi pointé du doigt un «recours excessif et disproportionné à la force» par les représentants de l’ordre et des «exécutions sommaires» perpétrées par «des groupes dits d’autodéfense » qui selon lui ont tué ou blessé quelque 280 personnes depuis le début de l’année.
Un appel à accélérer le déploiement international
Il a aussi dénoncé «une poignée d’individus puissants» qui «exploitent et perpétuent les griefs de la population ainsi que la faiblesse des institutions de l’État pour servir leurs propres intérêts».«Ces acteurs disposent de stratégies et de moyens considérables», a-t-il ajouté, appelant à élargir les sanctions à «tous ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre des réseaux criminels et en tirent profit».
Mardi, le Conseil de sécurité de l’ONU a prolongé de six mois le mandat de la force déployée en Haïti pour lutter contre les gangs, insistant aussi sur la protection des enfants recrutés par ces groupes et l’organisation d’élections. Cette résolution renouvelle jusqu’au 31 mars 2027 la Force de répression des gangs (FRG), lancée en avril pour répondre à l’aggravation de la crise sécuritaire dans le pays. Plusieurs pays y sont représentés dont le Salvador, le Guatemala, la Jamaïque, la Mongolie, le Tchad et le Sri Lanka, qui devraient être rejoints par d’autres.
Elle devait initialement monter en puissance entre avril et octobre pour atteindre un effectif de 5 500 personnels en uniforme et 50 civils, mais selon l’ambassadeur des États-Unis à l’ONU Mike Waltz seuls «1500 militaires» sont actuellement déployés sur le terrain alors que «4000 autres» devraient arriver «dans les prochains mois». De son côté, M. Türk a appelé de ses vœux vendredi un «déploiement complet et accéléré, assorti de garanties fermes en matière de droits de l’homme», notamment dans l’optique de permettre prochainement l’organisation d’élections «libres et équitables».
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