La Cour suprême autorise l’exécution de Christa Pike, première Américaine devant être mise à mort depuis 2023


Plus tôt dans la journée, une cour d’appel fédérale avait suspendu l’exécution de cette femme condamnée pour un meurtre commis il y a plus de 30 ans.

Un retournement de situation de dernière minute. La Cour suprême américaine a rejeté une ultime tentative visant à empêcher l’exécution de Christa Pike, une femme condamnée à la peine capitale dans le Tennessee pour un meurtre commis il y a plus de 30 ans. Elle devrait ainsi devenir la première femme à être exécutée en plus de 200 ans dans cet État du Sud.

Christa Pike devrait être exécutée «d’un moment à l’autre», a fait savoir mercredi son avocat à l’AFP. L’exécution «devrait commencer d’un moment à l’autre, si ce n’est déjà fait», a déclaré Luke Ihnen à l’AFP.


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Une cour d’appel fédérale américaine avait suspendu in extremis plus tôt dans la journée l’exécution de Christa Pike, âgée de 50 ans, dans une brève décision rendue environ une heure à peine avant l’heure prévue de sa mise à mort par injection létale. Elle réclamait un «court sursis» pour examiner les arguments des deux parties, et notamment trancher sur la recevabilité d’un recours de la défense visant à prendre en considération les violences sexuelles subies dans son enfance par Christa Pike, que l’État du Tennessee a reconnues pour la première fois lors d’une audience en août, sans pour autant changer sa position.

Demandes de commutation de peine

La dernière exécution d’une femme aux États-Unis remonte à celle, en 2023 dans le Missouri (centre), d’Amber McLaughlin, qui était également la première femme transgenre à être exécutée dans le pays. Au total, 18 femmes ont été exécutées dans le pays depuis le rétablissement de la peine capitale en 1976, soit à peine plus de 1% des exécutions, selon l’observatoire spécialisé Death Penalty Information Center (DPIC).

L’exécution, initialement prévue à 10h00 locales (17h00 à Paris) à Nashville, sera la 30e depuis le début de l’année aux États-Unis, dont 16 pour la seule Floride (sud-est).

Le gouverneur républicain du Tennessee (sud), Bill Lee, a rejeté lundi les demandes de commutation de peine de Christa Pike malgré les appels de nombreuses organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International. La Cour suprême, à majorité conservatrice, avait déjà rejeté mardi son ultime demande de sursis. Le Tennessee avait ensuite saisi en urgence la haute Cour pour réclamer la levée de cette suspension, invoquant «l’intérêt de l’État à une résolution finale» de ce dossier ainsi que le droit des proches de la victime à «tourner la page». Les avocats de Christa Pike ont au contraire exhorté la Cour à s’abstenir de toute intervention, faisant valoir que «l’exécution de Mme Pike entacherait le système judiciaire et minerait la confiance de la population dans son intégrité».

Trouble bipolaire

Christa Pike a été condamnée à la peine capitale pour le meurtre en 1995 de Colleen Slemmer, 19 ans, une de ses camarades dans le programme de formation professionnelle Job Corps, à Knoxville, alors qu’elle-même était âgée de 18 ans, dans une affaire de rivalité amoureuse. Ses deux complices également adolescents, son petit ami de l’époque, âgé de 17 ans, et une autre jeune fille de 18 ans, ont échappé à la peine de mort. Le premier a été condamné à perpétuité et la seconde à une peine avec sursis en échange de son témoignage contre les deux autres.


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Les avocats de Christa Pike affirment que sa défense lors de son procès en 1996 n’avait pas invoqué les circonstances atténuantes qui auraient dû lui bénéficier, en particulier les traumatismes et les violences, en particulier sexuelles, subies depuis son plus jeune âge. Elle a été diagnostiquée tardivement pour trouble bipolaire et stress post-traumatique provoqué par les violences subies pendant son enfance.

Début septembre, des experts mandatés par l’ONU ont appelé à suspendre l’exécution et à commuer sa peine. Les États continuant à appliquer la peine capitale doivent «respecter strictement les garanties du droit international», dont le plein respect des droits de la défense, «la prise en compte individualisée de toutes les circonstances atténuantes, y compris le passé de traumatismes et de violences et une véritable opportunité de demander une grâce ou une commutation de peine», selon ces experts.

Au total, 47 exécutions ont eu lieu aux États-Unis en 2025, contre une vingtaine par an depuis une décennie, soit le plus haut niveau depuis les 52 enregistrées en 2009. La peine de mort a été abolie dans 23 des 50 États américains. Trois autres, la Californie, l’Oregon et la Pennsylvanie, observent un moratoire des exécutions sur décision du gouverneur.



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