RÉCIT – L’enjeu des trois semaines écoulées n’était pas tant celui de la culpabilité des deux hommes que de leur degré respectif de responsabilité. Avec éloquence et impertinence parfois, ces «compagnons de prétoire» n’ont eu de cesse de battre leur coulpe, mais sans reconnaître la préméditation du crime. Là-dessus, les jurés les ont entendus.
Ils ont tous les deux reconnu les tirs. Ils ont tous les deux reconnu leur responsabilité dans la mort de Federico Martin Aramburu. Mais pendant trois semaines, Loïk Le Priol, 32 ans, et Romain Bouvier, 35 ans, ont refusé de reconnaître ce que l’accusation leur reprochait de plus lourd : avoir décidé de tuer. C’est autour de cette frontière, souvent ténue, entre l’intention homicide et le passage à l’acte, que s’est joué leur procès devant la cour d’assises de Paris. Ce vendredi 25 septembre, les jurés ont franchi cette frontière dans le sens de la défense en condamnant les deux hommes, après un délibéré de près de douze heures, à respectivement 26 et 19 années de réclusion criminelle pour meurtre et tentative de meurtre, sans retenir la préméditation.
La cour a aussi condamné Lyson Rochemir, la petite amie de Le Priol au moment des faits, à trois ans de prison assortis de 30 mois de sursis, pour dissimulation de preuves. Anthony Sorrentino, l’ami et complice de Bouvier a quant à lui…
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