La Métropole, endettée à hauteur de 2,3 milliards d’euros, doit réaliser 150 millions d’euros d’économies en trois ans pour éviter une possible mise sous tutelle de l’État, selon son président et maire de Bordeaux.
Une situation financière «particulièrement grave» avec une dette «historique» et un risque de mise sous tutelle : Thomas Cazenave a annoncé jeudi un «plan de sauvegarde» de la Métropole de Bordeaux, après avoir alerté en juin sur une situation similaire à la mairie. «Nous faisons face à une situation inédite, jamais connue par la Métropole, et je ne connais pas d’autres métropoles dans la même situation», a affirmé lors d’une conférence de presse celui qui est aussi maire de Bordeaux depuis mars.
Présentant les conclusions d’un audit commandé au cabinet EY, l’élu Renaissance a pointé un «endettement extrême», estimé à 2,3 milliards d’euros et une capacité de désendettement à 19,2 ans (pour un seuil d’alerte situé à 12 ans, NDLR).
Il a déploré une «croissance démesurée des dépenses de fonctionnement par rapport au rythme des recettes» sous la précédente mandature, dirigée par les socialistes Alain Anziani puis Christine Bost, ainsi que l’augmentation de la masse salariale de 77 millions d’euros avec la création de 500 postes, notamment. «Si nous ne changeons pas drastiquement de trajectoire dès 2027, nos recettes d’investissement ne suffiront pas à couvrir les charges de la dette, et donc entraîneront, mécaniquement, la mise sous tutelle de notre établissement par les services de l’État», a déclaré M. Cazenave.
«Situation difficile»
Pour éviter cela, la Métropole doit réaliser 182 millions d’euros d’économies de gestion d’ici 2033, dont 150 millions sur les trois prochaines années et 72 millions dès 2027, a-t-il précisé, annonçant un «plan de sauvetage», sans en donner les détails.
Mme Bost assume avoir eu une «politique tonique» mais elle ne regrette pas les investissements réalisés en matière de «mobilités» et de logement notamment, ainsi que les recrutements, réalisés «à la demande des communes de tous bords» qui souhaitaient avoir un «taux de réalisation» des projets plus important, dit-elle à l’AFP.
L’ancienne présidente PS de la Métropole reconnaît une «situation difficile», mais estime qu’elle «n’est pas aussi catastrophique qu’on nous le présente», soulignant que les 72 millions d’économies à faire en 2027 représentent 6% du budget.
«Pistes d’économie»
M. Cazenave a annoncé un conseil métropolitain «exceptionnel» en novembre afin de «débattre des propositions des différents groupes politiques». Les socialistes, qui ont accepté un projet de mandature commun avec la nouvelle majorité, vont «produire des pistes d’économie», a assuré Mme Bost.
En juin, le nouveau maire, ex-ministre délégué aux Comptes publics, avait également mis en garde sur une possible mise sous tutelle de la municipalité, dont la dette a atteint un niveau «intenable», selon lui. La préfecture de Gironde n’a pas pris de mesure en ce sens jusqu’ici.
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