la prime d’activité «pourrait être gelée», annonce le ministre du Travail


La désindexation sur l’inflation pourrait être partielle ou totale. Ces dernières semaines, le gouvernement avait démenti plusieurs pistes d’économies mais la prime d’activité n’avait jamais été citée.

Les pistes d’économies se dévoilent progressivement. Ce jeudi 24 septembre, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a prévenu que le montant de la prime d’activité «pourrait être gelé» l’an prochain. L’ancien numéro 1 de la SNCF n’a pas détaillé si le gouvernement prévoyait un gel total ou partiel. La réponse risque de n’être tranchée qu’à l’issue des discussions autour du projet de loi de finances, en fonction des marges de manœuvre financières dont il dispose pour boucler son budget. « C’est une variable d’ajustement», a admis le ministre.

Au cours des dernières semaines, le gouvernement, à commencer par le Premier ministre, avait expliqué ne pas vouloir toucher à un certain nombre de revenus de transfert. «Suppression des APL pour les étudiants, gel du RSA ou du minimum vieillesse, remise en cause du crédit d’impôt pour les services à la personne, hausse de l’impôt sur le revenu… Tout cela est faux !», dénonçait fin août Sébastien Lecornu sur X. La prime d’activité, en revanche n’a jamais été citée dans les démentis. «Il faut lire en creux», a répondu Jean-Pierre Farandou, interrogé sur la question.


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Un coût de 11 milliards d’euros

C’est un virage à 180 degrés par rapport à la politique menée jusque-là par l’exécutif. Au 1er avril, il avait décidé de revaloriser de 50 euros cette prime. Celle-ci était touchée par 4,52 millions d’allocataires au troisième trimestre 2025, selon le gouvernement. Son coût pour les finances publiques est évalué à près de 11 milliards d’euros par an. Le calcul de la prime varie en fonction des ressources du bénéficiaire et de l’ensemble des membres de son foyer, de la composition de celui-ci et des autres prestations sociales perçues, dont l’aide au logement.

Mi-juin, la Cour des comptes avait fait paraître un rapport préconisant plusieurs réformes. Parmi lesquelles, «mettre fin à l’éligibilité des apprentis et des salariés en cumul emploi-retraite», deux catégories pour lesquelles la prime «ne joue aucun rôle incitatif à l’emploi». Cela permettrait une économie annuelle de plus de 300 millions d’euros, selon elle. La «meilleure piste» est «sans doute» le versement du bonus individuel dès le premier euro (ce bonus est actuellement versé aux personnes touchant au moins 50% du Smic), afin d’inclure les personnes à temps partiel, souvent pauvres, selon Sophie Thibault.



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