Cet engagement vise à mettre en mouvement un processus réclamé par de nombreuses nations, mais auquel s’opposent les États-Unis.
Le premier ministre britannique Andy Burnham prévoit d’initier l’élaboration de standards de sécurité de l’intelligence artificielle (IA) sous l’égide du G20 lors de la présidence du Royaume-Uni en 2027, a-t-il annoncé mardi devant l’Assemblée générale de l’ONU. Cet engagement vise à mettre en mouvement un processus réclamé par de nombreuses nations, mais auquel s’opposent les États-Unis, le gouvernement Trump y voyant une perte de souveraineté et un obstacle au développement accéléré de l’IA américaine. «Nous travaillerons à un accord sur un ensemble de principes et standards garantissant la transparence et l’accès dont nous avons besoin pour nous préparer» à gérer les nouvelles capacités de cette technologie «et assurant que le développement de l’IA est sûr», a expliqué le chef du gouvernement travailliste.
S’il ne dispose pas d’entreprise capable de rivaliser avec les géants américains et chinois sur l’intelligence artificielle (IA), le Royaume-Uni a investi depuis plusieurs années dans l’évaluation et la surveillance des modèles les plus avancés. Il a créé en 2024 l’Institut de sécurité de l’IA (AISI), qui a notamment passé des accords avec les entreprises américaines les plus en pointe pour tester leurs modèles avant leur commercialisation. «Je vais mettre l’IA au cœur de la présidence britannique du G20 l’an prochain», a promis Andy Burnham. Quant à la faisabilité du projet, le premier ministre britannique s’est référé à la crise financière de 2008 qui avait vu le G20 «apporter une réponse urgente et pratique» à la situation. «Nous sommes parvenus à nous entendre sur des principes», a-t-il rappelé, «que chacun a appliqué au plan national selon les modalités qui lui convenait. Et ça a marché.»
La position d’Andy Burnham tranche avec celle réitérée plus tôt mardi, à la même tribune, par Donald Trump. Le chef d’État américain a ainsi rejeté «toute tentative de bâtir un projet mondialiste» d’encadrement de cette technologie. Lundi, les dirigeants de plus de 20 pays dont le Canada, l’Allemagne et l’Australie avaient pourtant plaidé pour davantage de supervision et pour la possible création, sous l’égide de l’ONU, d’un organe international de régulation.
Lutter contre les cyberattaques
Andy Burnham a, par ailleurs, indiqué que le Royaume-Uni et les États-Unis travaillaient actuellement à un partenariat destiné à utiliser l’IA pour protéger les infrastructures clés des deux pays contre les cyberattaques. L’IA «va être un outil vital pour nous maintenir en sécurité», a déclaré le chef du gouvernement travailliste devant l’Assemblée générale de l’ONU pour justifier cette collaboration.
Les infrastructures britanniques de santé ont déjà été la cible de plusieurs cyberattaques d’ampleur, qui ont notamment touché des dizaines d’hôpitaux en 2017 et 2024. Certaines ont été attribuées à des groupes affiliés à la Russie. Lors de son allocution, Andy Burnham a plusieurs fois mis en cause Moscou, accusé d’être derrière des campagnes de désinformation au Royaume-Uni.
Aux États-Unis, une trentaine de réseaux locaux d’alimentation en eau dans le Minnesota ont été visés en juillet par des pirates informatiques, que des spécialistes ont liés à l’Iran. En 2021, une autre opération attribuée à une organisation criminelle russe avait paralysé durant plusieurs jours l’oléoduc Colonial Pipeline, le plus important des États-Unis.
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