Pâtes, boissons, yaourts… Les produits protéinés, très à la mode, sont souvent «ultra-transformés», pointe Foodwatch


«Trop souvent, ces produits protéinés ont tous les atours de la malbouffe», tacle l’ONG, qui a étudié la composition de dix références vendues en supermarchés. Celles-ci présentent toutes des marqueurs d’ultra-transformation, associés à des risques pour la santé.

Barres, boissons, yaourts, salades, pâtes… Les produits protéinés envahissent désormais tous les rayons des supermarchés, portés par l’engouement des consommateurs pour des aliments vus comme bons pour la santé, voire améliorant les capacités physiques. C’est ainsi devenu un argument marketing pour les marques, que Foodwatch a voulu déconstruire dans sa dernière enquête, publiée ce mardi.

En se penchant sur dix produits protéinés vendus en grande surface, l’ONG a découvert qu’ils étaient tous ultra-transformés. «Trop souvent, ces produits protéinés ont tous les atouts de la malbouffe », tacle l’organisation. Parmi les produits pointés du doigt, on trouve par exemple les barres Protein chocolat & cranberries de la marque Nature Valley (General Mills), la boisson Hipro saveur Myrtille (Danone), la salade de pâtes au poulet rôti High Protein de Carrefour Sensation, ou encore les céréales Lion Protein (Nestlé).


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Ces produits contiennent certes des protéines, mais aussi des marqueurs d’ultra-transformation comme des amidons modifiés de maïs, des gommes gellane ou du sirop de glucose, énumère Foodwatch. Or, «une consommation élevée d’aliments ultra-transformés est associée à un risque accru de développer plusieurs maladies chroniques telles que des maladies cardiovasculaires, un diabète  de type 2, ainsi que certains troubles dépressifs», souligne l’ONG, s’appuyant notamment sur une synthèse d’études scientifiques publiée en novembre 2025 dans la revue The Lancet et les travaux de l’Inserm.

Des produits vendus plus cher

Certains produits étudiés présentent également «des additifs controversés pour la santé», note Foodwatch, tels que des carraghénanes ou des édulcorants intenses comme l’acésulfame-K. «D’autres sont carrément des bombes de sucres », relève Léa Redon, chargée de campagnes chez Foodwatch. Par exemple, les laits protéinés saveur chocolat de Lactel (Lactalis) contiennent 9,1 grammes de sucres pour 100 ml, «soit autant que dans un Orangina», pointe l’ONG.

Au-delà de leur impact négatif sur la santé, ces produits protéinés ultra-transformés sont par ailleurs vendus plus cher. «Entre une référence classique et sa version protéinée, on voit parfois le prix tripler», fustige Foodwatch. L’ONG cite ainsi l’exemple des tartines Wasa de Barilla, dont le prix au kilo chez Carrefour passe de 7,09 euros à 13,95 euros, entre sa version «Léger» et sa version «protein+».

Pour finir de déconstruire la mode des régimes alimentaires protéinés, l’organisation de défense des droits des consommateurs cite les travaux de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui estime que «les apports en protéines sont actuellement suffisants au sein de la population générale en France, voire supérieurs : la moyenne est de 1,4g/kg corporel journalier alors que l’Anses recommande un apport quotidien de protéines de 0,83 à 1 gramme par kilogramme de poids corporel (soit 10 à 20% de l’apport énergétique total)».



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