« Jean-Paul II a réveillé l’Est, Léon XIV pourrait réveiller l’Ouest »


ENTRETIEN – À la veille de la venue du pape en France, le cardinal François Bustillo analyse la place du catholicisme dans notre pays. Il évoque aussi son nouveau livre, Carnets corses, dont le troisième volume vient de paraître et dans lequel il défend une pratique « populaire » de la chrétienté.

François Bustillo est cardinal et évêque d’Ajaccio. Il est notamment l’auteur de la série Carnets corses dont le troisième tome est paru le 16 septembre 2026 (Fayard, 160 p., 21,90 €).


LE FIGARO. – Comment interprétez-vous l’engouement suscité par la visite du pape – 600 000 inscrits pour la messe – dans un pays qui se dit sécularisé ?

CARDINAL FRANÇOIS BUSTILLO. – Je crois que la France navigue entre l’absence de Dieu et la soif de Dieu. Depuis 1968, on a proclamé : « Ni Dieu ni maître, chacun fait ce qu’il veut. » Soit. Mais il est légitime de se demander si le monde s’en porte mieux depuis. Nous avons relégué Dieu à la périphérie, et nous n’en sommes pourtant pas sortis meilleurs : il suffit de regarder la violence, l’instabilité et la peur qui traversent notre société.

Le pape vient donc dans un contexte géopolitique inquiétant et une politique nationale peu rassurante. Il y a en France la soif d’une parole différente, rassurante, libre, venue d’ailleurs – de Rome…

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