La reprise du dialogue avec Washington, initiée avec le retour de Donald Trump, a permis la libération de centaines de détenus, bien que le pays compte toujours 886 prisonniers politiques, selon l’ONG Viesna.
La Biélorussie a libéré 25 prisonniers politiques en échange de la levée des sanctions américaines visant deux entreprises de ce pays allié de Moscou, a annoncé l’émissaire de la Maison Blanche, John Coale, mercredi à Minsk.
Les autorités biélorusses ont procédé à la libération de centaines de personnes ces dernières années, après la reprise du dialogue avec Washington, initiée avec le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis. Des centaines d’autres restent emprisonnées depuis les manifestations massives de 2020. L’ONG Viesna, l’une des principales organisations de défense des droits humains en Biélorussie, affirme que le pays compte toujours 886 prisonniers politiques.
«L’engagement du président Trump en faveur d’une diplomatie directe porte ses fruits. Merci, Monsieur le président Loukachenko, pour cette initiative, et merci à nos amis lituaniens pour leur soutien», a posté sur X John Coale, avec une photo montrant un groupe d’hommes et de femmes et suggérant leur arrivée en Lituanie.
«Loukachenko ne veut pas libérer tous les prisonniers politiques»
Selon l’organisation Viesna, le journaliste Andreï Alexandrov, des militants des droits humains et la chercheuse en sciences politiques Tatiana Kouzina ont notamment été libérés. L’émissaire de Washington a assuré travailler à «obtenir la libération d’autres personnes dans un avenir très proche». John Coale avait précédemment indiqué dans une vidéo diffusée par le service de presse de la présidence biélorusse qu’en échange de ces libérations, les États-Unis levaient leurs sanctions contre deux entreprises. Un responsable biélorusse a précisé que les deux entreprises en question sont le fabricant de peintures-vernis Lakokraska et le producteur de bois et d’ameublement Bellesbumprom.
L’opposante bélarusse en exil, Svetlana Tikhanovskaïa, a salué ces nouvelles libérations, tout en appelant à poursuivre leurs efforts car, selon elle, «il est clair que Loukachenko ne veut pas libérer tous les prisonniers politiques». «Les États-Unis et l’Europe doivent continuer à coordonner leurs efforts et à soutenir le processus visant à obtenir la libération des personnes détenues», a-t-elle dit, dans une vidéo en anglais. Selon elle, il s’agit de «centaines» de personnes. Les pays occidentaux avaient adopté des sanctions contre la Biélorussie après la répression du mouvement de protestation de 2020 qui contestait la réélection du président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994.
D’autres sanctions avaient été prises après le début de l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, Moscou ayant utilisé le territoire biélorusse comme base arrière pour déclencher cette attaque de grande envergure. Minsk a procédé à plusieurs vagues de libération de prisonniers politiques ces dernières années, relâchant notamment des figures du mouvement de protestation telles que Maria Kolesnikova et le prix Nobel de la paix Ales Bialiatski. Des ONG de défense des droits humains affirment cependant que le pouvoir biélorusse continue d’arrêter et d’emprisonner d’autres dissidents. La répression en Biélorussie a poussé des centaines de milliers de personnes à fuir le pays, notamment vers la Pologne voisine et les pays baltes.
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