l’ex-maire de Saint-Étienne Gaël Perdriau fixé ce jeudi sur son sort en appel, avec un possible retour en prison


Condamné à quatre ans ferme en première instance, Gaël Perdriau conteste avoir commandité le piège visant son ancien adjoint Gilles Artigues. L’avocat général a requis en appel cinq ans de prison, dont trois fermes.

L’ex-maire de Saint-Étienne Gaël Perdriau saura ce jeudi s’il retourne en prison : la cour d’appel de Lyon rend son jugement dans une retentissante affaire de chantage à la sextape, qui lui a valu d’être condamné à quatre ans ferme en première instance. Les juges se prononceront à l’aune de réquisitions plus clémentes: cinq ans de prison, dont trois fermes, pour l’ancien élu LR qui a déjà passé deux mois derrière les barreaux l’hiver dernier.

Lors de son premier procès en 2025, les juges l’avaient considéré comme le commanditaire d’un piège visant à museler son premier adjoint Gilles Artigues, filmé à son insu en janvier 2015 dans une chambre d’hôtel à Paris en compagnie d’un prostitué. L’alliance avec cet élu centriste bien implanté localement, avait permis l’élection comme maire de Gaël Perdriau en 2014, mais Gilles Artigues commençait à prendre ses distances.


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Gaël Perdriau, 54 ans, a toujours nié farouchement être à l’initiative de la vidéo, révélée par Mediapart en 2022 seulement. Il assure que ce «kompromat sexuel» a été monté sans qu’il le sache par trois de ses proches collaborateurs d’alors.

La défense plaide la «menace» plutôt que le «chantage»

Également condamnés à de la prison ferme en première instance, les trois reconnaissent avoir recruté l’escort-boy et organisé cette «barbouzerie», mais à la demande du maire selon eux. Lors de son procès en appel en juin, Gaël Perdriau a réaffirmé qu’il avait eu connaissance de la vidéo en 2015, tout en pensant qu’il s’agissait d’un film réalisé entre «adultes consentants».

En 2018, il a bien menacé son adjoint de la divulguer dans une conversation enregistrée à son insu par Gilles Artigues, mais uniquement sous le coup d’un «accès de colère» et sans rien exiger en retour, a-t-il encore maintenu. Son avocat Jean-Félix Luciani a donc plaidé pour que la cour le juge non plus pour «chantage» mais pour «menace», délit réprimé moins sévèrement.

Jeudi, la cour doit aussi se prononcer sur le sort de deux des trois autres protagonistes de ce dossier. L’avocat général ne les a pas ménagés à l’audience, réclamant la même peine qu’en première instance pour l’ancien adjoint à l’Éducation et auteur du film, Samy Kéfi-Jérôme (deux ans ferme), et d’alourdir celle de son ex-compagnon, concepteur du piège, Gilles Rossary-Lenglet (trois ans ferme). Quant au quatrième homme, l’ancien directeur de cabinet Pierre Gauttieri, il n’avait pas fait appel de sa condamnation à deux ans de prison ferme.



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