La semaine dernière, les membres du personnel de La Durantière avaient réitéré leur demande de classement en REP+ auprès du ministère. Sans réponse, ils ont décidé de se tourner vers le tribunal administratif.
La menace a été mise à exécution. Une semaine après avoir révélé à la presse l’agression sexuelle d’une de leurs collègues, les membres du personnel du collège La Durantière à Nantes (Loire-Atlantique) sont en grève. Mardi 1er septembre, l’équipe éducative de cet établissement classé REP (réseau d’éducation prioritaire) avait « décidé de laisser au ministère de l’Éducation nationale un délai d’une semaine pour répondre à leur courrier du 3 juillet », rappelle dans un communiqué de presse publié lundi 7 septembre l’équipe du personnel du collège situé dans le quartier Bellevue.
Dans cette lettre, les enseignants réclamaient « le classement immédiat du collège en REP+ ainsi qu’une rencontre entre leur collègue agressée et les services du ministère ». Ils avaient annoncé qu’ils se mettraient en grève s’ils n’obtenaient pas de réponse. C’est chose faite. Quasiment tous les enseignants étaient grévistes ce mardi. Mais ils ont décidé d’aller plus loin. « Face au silence persistant du ministère et à l’épuisement des voies de dialogue, nous avons décidé de porter désormais notre demande devant la justice administrative », ont-ils annoncé lors d’une conférence de presse précédée d’un rassemblement de soutien.
Recours déposé
« Le courrier que nous avons adressé au ministre le 3 juillet est resté sans réponse. En droit, ce silence a fait naître une décision implicite de rejet de notre demande de classement en REP+. Cette décision, nous avons décidé d’en demander l’annulation au tribunal administratif », précisent-ils dans une déclaration commune. Le recours sera déposé dans les deux prochaines semaines par des membres du personnel du collège et des parents d’élèves, qui alertent le ministère depuis plus de six ans. Dans ce collège, les conseils de discipline et incidents se multiplient et pourrissent la vie des éducateurs qui s’impliquent particulièrement pour la réussite des jeunes. L’agression du 22 juin, au cours de laquelle un élève a empoigné la poitrine d’une enseignante alors qu’elle travaillait seule dans une salle de classe, est venue raviver leur mobilisation. Le réseau d’éducation prioritaire renforcé leur permettrait d’obtenir des moyens supplémentaires, dans un quotidien souvent marqué par de fortes difficultés.
« Les indicateurs sociaux et scolaires du collège La Durantière le placent, selon les critères mêmes du ministère, parmi les établissements qui devraient relever de l’éducation prioritaire renforcée », souligne l’équipe éducative. Lors d’une audience au ministère, les personnels assurent avoir eu confirmation que La Durantière « faisait partie des établissements ayant vocation à intégrer l’éducation prioritaire renforcée si la décision politique de réviser la carte de l’éducation prioritaire était enfin prise ».
« Le ministère connaît donc parfaitement la situation. Pourtant, année après année, la révision de la carte de l’éducation prioritaire est repoussée et notre établissement demeure privé des moyens correspondant à ses besoins », regrettent-ils. La semaine dernière, le rectorat de Nantes – qui soutient la demande de classement – avait expliqué au Figaro que « l’actualisation de la carte de l’éducation prioritaire ne pourra être engagée qu’après la prochaine échéance électorale ». Lassée de cette attente qui n’en finit pas, l’équipe éducative, particulièrement soudée et déterminée, veut donc passer par un autre chemin : « Il s’agit désormais de faire reconnaître par la justice le droit des élèves et des personnels du collège La Durantière à bénéficier d’un traitement fondé sur des critères objectifs, transparents et identiques pour tous. Ce recours ne constitue pas un renoncement au dialogue. Il est la conséquence de l’absence de dialogue. »
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