en cas de victoire de Marine Le Pen, Sarah Knafo ne ferme pas la porte à une entrée dans un gouvernement Bardella


Invitée jeudi sur LCI à l’occasion de la sortie de son livre Le Casse du siècle, l’eurodéputée nationaliste reste fidèle à la ligne tracée par Éric Zemmour : celle de «l’union des droites», qu’elle appelle de ses vœux.

De l’eau a, semble-t-il, coulé sous les ponts depuis la dernière présidentielle. Quatre ans après l’affrontement brutal entre Marine Le Pen et Éric Zemmour, qui avait exacerbé les divisions du camp nationaliste pendant la campagne avant de tourner à l’avantage de la première, leurs deux formations – le RN et Reconquête – pourraient-elles trouver un terrain d’entente en vue d’un accord de gouvernement ? Rien ne peut être exclu. Si la «primaire sauvage» de 2022 a laissé des traces entre les deux leaders, l’hypothèse est désormais dans l’air : Sarah Knafo a, pour la première fois ce jeudi, laissé entrevoir la possibilité de rejoindre un gouvernement Bardella, sous une présidence Le Pen.

Invitée sur LCI à l’occasion de la promotion de son livre Le Casse du siècle (Fayard), l’eurodéputée assure que toutes les formations de même sensibilité devront s’«entendre» pour l’emporter, alors que la chef des députés RN est donnée gagnante dans tous les scénarios testés par les sondeurs. Favorable à l’«union des droites» chère à Éric Zemmour, elle assure pouvoir, le cas échéant, entrer dans un gouvernement dirigé par le parti à la flamme. «Pourquoi pas», lâche-t-elle, à condition toutefois que celui-ci porte un programme avec lequel ses «convictions seraient alignées».


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Une sorte de coalition «patriote», à l’image de celle formée autour de Giorgia Meloni en Italie, où Fratelli d’Italia, la Lega et Forza Italia gouvernent ensemble malgré leurs divergences. L’ambition de Sarah Knafo : transposer à la politique nationale la réussite du modèle transalpin. Tenante d’une ligne «identitaire» et «très ferme sur le régalien», l’élue européenne n’en revendique pas moins une approche économique «beaucoup plus crédible, beaucoup plus novatrice et beaucoup plus révolutionnaire que ce que les autres proposent ». À savoir le RN, dont l’orientation, avec Marine Le Pen, est nettement plus sociale et étatiste que celle de Reconquête, de sensibilité libérale.

Des plaies refermées ?

Encore faut-il que les plaies de 2022 soient refermées. Car derrière l’ouverture de Sarah Knafo se pose une question de taille : quelle sera la position de Marine Le Pen, qui n’a jamais véritablement pris langue avec Éric Zemmour depuis leur duel ? Pas même lors des législatives post-dissolution de 2024, lorsque les zemmouristes avaient tendu en vain la main au RN et à LR, Jordan Bardella ayant alors invoqué un manque de «confiance» envers l’ex-éditorialiste. La confrontation entre les deux candidats nationalistes a beau avoir été violente, Sarah Knafo assure «ne détester personne». Mieux vaut dès lors, à ses yeux, composer avec le camp concurrent que rester les bras ballants, au risque de voir s’aggraver les «problèmes des Français», parmi lesquels «la dette, les gabegies, l’insécurité, l’islamisation du pays».

Il n’empêche : Reconquête portera «ses différences» au premier tour de la présidentielle de 2027, martèle Sarah Knafo, estimant que les Français «méritent» que sa ligne soit «représentée». Traduction : le mouvement aura un porte-drapeau, sans doute Éric Zemmour, présenté comme son «candidat naturel». Quitte, peut-être, à se «retrouver» au second tour avec le RN, à l’image de ce qu’elle a fait à Paris lors des municipales de mars, en retirant sa candidature dans l’entre-deux-tours au profit de Rachida Dati pour tenter de faire battre la gauche. Sans succès. En attendant, elle dit échanger avec Jordan Bardella, son collègue au Parlement européen. Avec Marine Le Pen, en revanche, les relations sont, à l’entendre, inexistantes.



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