Le régent du pays, le prince héréditaire Alois, qui dispose d’un droit de véto, a clairement exprimé son opposition à cette initiative.
Le Parlement du Liechtenstein a voté mercredi, à la plus courte majorité possible, en faveur d’une initiative citoyenne visant à légaliser l’avortement dans cette petite principauté alpine. Toutefois, le régent du pays, le prince héréditaire Alois, qui dispose d’un droit de véto, a clairement exprimé son opposition à cette initiative.
L’avortement est interdit au Liechtenstein : il n’est autorisé que dans des cas exceptionnels, par exemple lorsque la vie de la mère est en danger ou lorsqu’une femme est tombée enceinte à la suite d’un viol. Une femme qui avorte risque jusqu’à un an de prison, et une personne qui pratique un avortement en dehors des exceptions prévues jusqu’à trois ans d’emprisonnement.
Portée notamment par Tatjana As’Ad, 28 ans, l’une des responsables du petit parti de gauche Freie Liste (liste libre), l’initiative réclame la légalisation de l’avortement durant les trois premiers mois de grossesse. Le comité à l’origine de l’initiative a recueilli 4970 signatures, soit près de cinq fois le minimum légal de 1000 requis pour une telle démarche, et un nombre très important pour cette minuscule principauté germanophone qui compte à peine 41.000 habitants – dont environ 35% sont des résidents étrangers permanents -, et où le catholicisme est religion d’État.
Long débat
L’initiative a été examinée mercredi par le Landtag – le Parlement – à Vaduz, la capitale, et a fait l’objet d’un vote après un long débat. «Approuvée par 13 voix sur les 25 membres présents. Le Landtag a donc approuvé l’initiative citoyenne», a déclaré le président du Parlement, Manfred Kaufmann, en annonçant le résultat.
Si le Landtag avait rejeté l’initiative, la mesure aurait été soumise à référendum. Or, après avoir remporté le vote parlementaire, un élu de la Freie Liste a demandé que l’initiative soit tout de même soumise à référendum. Mais la motion visant à l’organiser a été rejetée par 13 voix contre 12. Lors d’un référendum sur la légalisation de l’avortement en 2011, 52% des électeurs s’y étaient opposés.
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