VIDÉO – En Corée du Sud, un policier a été arrêté après avoir classé sans suite plusieurs affaires de disparition. Cette arrestation intervient alors que les corps de quatre personnes ont été retrouvés en trois jours sur l’île touristique de Jeju.
Une sombre affaire. Les autorités sud-coréennes ont annoncé mercredi 26 août l’arrestation d’un policier soupçonné d’avoir classé sans suite plusieurs affaires de disparition, après la découverte en l’espace de trois jours des corps de quatre personnes portées disparues sur l’île touristique de Jeju.
L’affaire provoque une onde de choc sur cette île très fréquentée, qui accueille chaque année plus de 13 millions de visiteurs. Elle a également suscité de vives critiques contre la police sud-coréenne.
Un enquêteur de la police locale, identifié par son nom de famille, Bu, est notamment accusé d’avoir classé sans suite deux affaires de disparition. La première concerne Jang Mi-ran, une femme de 37 ans dont le corps a été retrouvé lundi 24 août, plusieurs mois après que son compagnon avait signalé sa disparition en mai. La seconde concerne un homme âgé d’une soixantaine d’années.
Un «risque de fuite et de manipulation des preuves»
Selon les autorités, le policier aurait falsifié des documents et fait preuve de négligence dans l’exercice de ses fonctions. Dans le dossier de Jang Mi-ran, il aurait notamment enregistré de manière mensongère son décès comme étant lié à un «accident de la route».
L’enquêteur aurait également affirmé à la famille de la disparue être entré en contact avec elle et assuré qu’elle était saine et sauve, mais qu’elle ne souhaitait pas être retrouvée. Le mandat d’arrêt contre le policier a été délivré en raison d’un «risque de fuite et de manipulation des preuves», a expliqué mercredi l’enquêteur Jung Tae-won lors d’une conférence de presse.
310.000 affaires de disparition réexaminées
Face à l’ampleur du scandale, les autorités ont mis en place une cellule spéciale chargée d’«examiner rapidement toutes les affaires de disparition dont le prévenu a eu la charge». Le président Lee Jae-myung a également ordonné une enquête sur le traitement de la disparition de Jang Mi-ran et demandé à son gouvernement de présenter un plan de réforme de la police.
«Récemment, de vives inquiétudes sont apparues concernant un manque de discipline au sein de la police et de l’irresponsabilité dans la préservation de la sécurité publique», a déclaré le président mardi 26 août lors d’une réunion du cabinet. La police a enfin annoncé le réexamen d’environ 310.000 affaires de disparition classées sans suite au cours des trois dernières années, selon l’agence de presse sud-coréenne Yonhap.
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