passe d’armes entre Jean-Luc Mélenchon et Laurent Nuñez


Le patron de la France insoumise (LFI) a mis en cause les préfets à l’occasion des universités d’été de son mouvement. Plusieurs d’entre eux ont déposé plainte contre des membres de LFI ces derniers mois.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a estimé dimanche que les préfets n’avaient «pas de leçons d’impartialité à recevoir» après que Jean-Luc Mélenchon a dénoncé des «procès» intentés par des préfets à l’encontre de députés LFI et exigé un «État impartial».

«Nous voulons un État impartial où des préfets sont priés de retourner dans leurs bureaux et de cesser de faire des procès aux députés Insoumis devant lesquels, comme devant n’importe quel député, ils doivent faire un salut militaire réglementaire», a exhorté dimanche matin le candidat du mouvement de gauche radicale à l’élection présidentielle, lors du discours de clôture des universités d’été de La France Insoumise. «Nous ne sommes pas vos copains», a lancé Jean-Luc Mélenchon à l’égard des préfets, dont certains avaient déjà subi des attaques du leader Insoumis l’an dernier.


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À l’époque, le préfet du Val-d’Oise Philippe Court et Laurent Nunez, alors préfet de police de Paris, avaient porté plainte contre deux députés Insoumis, Aurélien Taché et Aly Diouara, pour avoir affirmé que «la police tue». «Nous voulons un État impartial où, du préfet au guichet, nul n’est jugé sur son appartenance politique supposée, son adresse ou sa couleur de peau», a poursuivi le chef de file de LFI dimanche.

Le ministre de l’Intérieur a réagi dimanche après-midi, sur X : «Les préfets n’ont pas de leçons d’impartialité à recevoir. Serviteurs de l’Etat, garants dans les territoires des intérêts nationaux, du respect des lois et des principes de notre Constitution, ils agissent chaque jour avec neutralité et dans le seul but de garantir l’intérêt général». «Les mettre en cause ou les sommer de +retourner dans leur bureau+ méconnaît profondément leur rôle et leur engagement au service de la République», a poursuivi le ministre.

Le Pen et Retailleau derrière les préfets

L’Association du corps préfectoral et des hauts fonctionnaires du ministère de l’Intérieur (ACPHFMI) avait annoncé à l’été 2025 déposer plainte contre Jean-Luc Mélenchon pour des «menaces». «La confiance des autorités de la République n’a jamais fait défaut aux préfets, pas plus que l’estime de nos concitoyens. Nulle outrance verbale ne les détournera de leur devoir», avait cinglé l’organisation dans son communiqué.

Dimanche, Marine Le Pen s’est aussi invitée dans cette polémique en épinglant les «menaces» de l’Insoumis qu’elle a jugées «inacceptables et indignes». «Je suis convaincue pour ma part que ces serviteurs essentiels de l’État, déjà mis à mal à travers la suppression du corps préfectoral opérée par Emmanuel Macron, seront au contraire les piliers de la renaissance de notre pays», a-t-elle insisté sur X.

«Madame Le Pen trouve normal que des préfets poursuivent en justice des députés insoumis, laissent nos élus se faire insulter dans les cérémonies officielles, et ne fassent strictement rien quand nous sommes agressés. Elle devrait demander à bénéficier de ce service», a rétorqué Jean-Luc Mélenchon en retour sur le même réseau social.


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Bruno Retailleau a aussi apporté son soutien aux représentants de l’Etat. «Une nouvelle fois, Jean-Luc Mélenchon menace publiquement les préfets», a-t-il fustigé sur X. «Il sombre dans le déshonneur et l’indignité. Les Français ne sont pas dupes : ils ont pu, cet été encore, mesurer l’engagement sans faille, au quotidien et dans la gestion des crises, de ces grands serviteurs de l’État. Ces menaces et ces invectives ne feront jamais reculer la République. La France n’est ni Cuba ni le Venezuela : ici, les représentants de l’État ne rendent de comptes à aucun parti.»



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