«Je n’ai jamais eu d’ennemis», déclare Vadim Ermolaev, deux mois après avoir été visé par une bombe


Après sa sortie d’hôpital, l’oligarque ukrainien Vadim Ermolaev s’est confié à la chaîne américaine CNN. Il se dit incapable d’imaginer une implication des autorités ukrainiennes.

Quelles sont les raisons de l’attaque à la bombe ayant visé l’oligarque ukrainien Vadim Ermolaev et sa famille, le 29 juin dernier, à Monaco ? Deux mois après les faits, le principal concerné semble ne toujours pas avoir de réponse. Dans un entretien accordé à CNN, à sa sortie de l’hôpital, il est longuement revenu sur cette tentative d’assassinat qui a bouleversé sa vie et celle des siens.

Ce soir-là, aux alentours de 21 heures, une bombe, déposée puis déclenchée à distance par une femme, explose devant l’entrée de l’immeuble monégasque où réside l’homme d’affaires, alors qu’il rentre d’un dîner en famille sur la plage. Sa compagne, Anna Nasobina, et leur fils de 13 ans, tout juste revenus avec lui, sont grièvement blessés. Cette dernière sera amputée d’une jambe et d’un pied ; Vadim Ermolaev souffre, lui, de brûlures étendues et de pertes de substance sur plusieurs parties du corps dont certaines sont visibles sur son visage.


Passer la publicité

Interrogé sur les raisons qui auraient pu le désigner comme cible, l’homme d’affaires exprime son incompréhension totale. «Je n’ai jamais eu d’ennemis. Je ne suis pas une personne conflictuelle», répète-t-il devant la caméra. Il écarte également, avec une pointe d’agacement mêlée d’ironie, l’hypothèse d’un différend familial : «La police monégasque m’a aussi demandé si ma famille pouvait être impliquée, ça en était presque drôle, puisque tout ce que je possède est déjà au nom de ma femme et mes enfants», raconte-t-il. Une réponse qui fait sans doute écho à l’une des pistes examinées par les enquêteurs : celle d’une arnaque aux centres d’appels, évaluée à 100 millions d’euros, dans laquelle son fils Artur Ermolaev, 35 ans, a été interpellé à Chypre fin 2025.

Exécutions extrajudiciaires ?

C’est sur la piste ukrainienne que ses propos se font les plus ambivalents, voire presque contradictoires. En juillet dernier, les autorités ukrainiennes ont annoncé avoir retrouvé sans vie la poseuse de la bombe, Anastasia Berezovska. Elle aurait été abattue par l’un de ces deux commanditaires présumés : un agent du renseignement du ministère ukrainien de la Défense (GUR) et un ancien membre du SBU, le service de sécurité dépendant du ministère de l’Intérieur. Un élément qui avait alors amplifié les soupçons d’une opération commanditée par Kiev.

Mais lors de cet entretien, Vadim Ermolaev, qui avait dans un premier temps publiquement mis en cause le GUR, se montre plus prudent. «Je ne peux pas imaginer que cela ait quelque chose à voir avec les sanctions ukrainiennes à mon encontre, parce que ça signifierait que notre État se serait potentiellement engagé dans des exécutions extrajudiciaires. Je ne peux pas y croire», confie-t-il.

«Motivé par l’argent»

Dans son article, le média américain dresse le portrait de cette poseuse de bombe présumée. Cette Ukrainienne de 39 ans, sans casier judiciaire, ni lien avec la principale victime de l’explosion, aurait avant tout été un «simple soldat motivé par l’argent». D’après les éléments recueillis, la presque quadragénaire était installée en Allemagne et vivait seule avec son fils de 7 ans, issu d’un second mariage dont elle tentait de s’extraire. Elle aurait d’ailleurs poursuivi son ancien mari en justice pour une pension alimentaire.

Les images de vidéosurveillance monégasque la montrent effectuer de nombreux repérages en amont, s’arrêtant devant la résidence de l’oligarque ukrainien, couverte d’un large chapeau noir et de vêtements amples. «Cependant, elle est apparue une fois avec des habits ordinaires, révélant son visage et son imposant tatouage» sur le bras, relate le média. Lors de sa fuite, Anastasia Berezovska est d’abord passée par la ville française et voisine de Beausoleil, avant de conduire à travers l’Italie et d’autres pays frontaliers jusqu’en Allemagne, à bord d’un véhicule de location. Elle serait ensuite montée à bord d’un bus l’amenant en Ukraine, via la Pologne. CNN s’appuie sur des documents judiciaires pour retracer les moments ayant précédé son «exécution». Anasatsia Berezovska aurait reçu de leur part près de 7000 euros en cryptomonnaies dans les mois précédant l’explosion mais sa présence aurait finalement été jugée compromettante. 

Son corps aurait été retrouvé trois jours plus tard, puis enterré par sa famille. CNN note que le cercueil était fermé, une pratique «inhabituelle» en Ukraine. Pour Vadim Ermolaev, cette femme «n’était pas l’actrice principale de cette histoire. Elle a simplement été bernée, un pion naïf en quelque sorte, convaincue qu’elle faisait quelque chose d’important». L’homme de 58 ans subodore qu’elle aurait été tuée «pour ne pas témoigner contre certains. C’est irréaliste de penser qu’elle seule a pu me surveiller pendant quatre mois et organiser tout cela sur place…», achève-t-il.



Source link

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


7 + 2 =