Après une saison à seulement 6 matches avec l’AS Monaco, Paul Pogba va quitter la Principauté. Le champion du monde 2018 n’a jamais réussi à laisser les blessures derrière lui.
«Je suis soulagé d’avoir repris le football, ce que j’aime le plus au monde. Mais il y a encore du boulot pour revenir en pleine forme et pouvoir jouer 90 minutes.» Paul Pogba ne s’y trompait pas le 22 novembre dernier. Le champion du monde 2018 avec les Bleus venait de jouer son premier match avec l’AS Monaco, son premier match tout court depuis plus de deux ans. Il a réussi à revenir, oui, mais un an plus tard, le Pogba «en pleine forme» demeure un lointain souvenir.
Mardi, Nice-Matin a révélé que l’ASM avait déjà, il y a déjà plusieurs semaines, informé Pogba de son intention de ne pas le conserver. Un an plus tôt, le milieu de terrain signait, les larmes aux yeux, un contrat de deux saisons. Le bout du tunnel pour l’humain, séquestré et menacé par des hommes cagoulés en mars 2022 dans une affaire qui a déchiré sa famille, et pour le footballeur, assailli par les blessures depuis plusieurs années et suspendu quatre ans en février 2024 pour dopage.
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En octobre 2024, sa suspension, en vigueur depuis un contrôle positif onze mois plus tôt à la DHEA (déhydroépiandrostérone), un produit qui augmente le niveau de testostérone dans l’organisme, est réduite à dix-huit mois par le Tribunal arbitral du sport (TAS). La Juventus résilie son contrat et Pogba travaille dans l’ombre pour rebondir. Monaco lui donne sa chance. Sa pré-saison est longue, très longue. On ne se réathlétise pas en claquant des doigts quand on veut rejouer au très haut niveau après deux ans d’interruption.
Son début de saison retardé par les blessures
Alors que son retour semblait en bonne voie, le Monégasque ressent une alerte musculaire au quadriceps de la cuisse droite le 8 octobre. Trois semaines plus tard, c’est une entorse à la cheville droite qui retarde l’échéance. Cette même cheville qui avait donné le départ de sa descente aux enfers avec Manchester United en 2019, nécessitant une opération. «J’essaie de ne plus trop m’avancer», grince son entraîneur Sébastien Pocognoli, toutefois convaincu par sa «grosse force de caractère», «son aura» et «son expérience» qui doivent se traduire en leadership.
Le 22 novembre, enfin, Pogba rejoue. Il entre en jeu à la 85e minute au Roazhon Park. Rennes mène 3-1 et s’impose facilement (4-1). Monaco a perdu, Pogba le regrette mais il ne peut ignorer l’ovation du public breton lors de son entrée en jeu. «Ça m’a vraiment touché, je n’imaginais pas ça», glisse-t-il. Le Seine-et-Marnais prend part aux deux matches suivants en Ligue 1, contre le PSG (4 minutes) et le Stade Brestois (21 minutes). Il passe aussi deux rencontres de Ligue des champions sur le banc.
Trois mois et demi d’absence entre décembre et mars
Et patatras : le mollet gauche couine. C’est une des rares zones où Pogba, opéré aussi du genou droit en 2022, souvent gêné aux adducteurs, n’avait jamais eu de problèmes. On pense à un simple pépin. À tort. «La Pioche» ne reprend l’entraînement que trois mois et demi plus tard. fin mars. Il est dans le groupe monégasque lors de six matches de suite.
Dans le lot, il en joue trois : Paris FC le 10 avril (21 minutes), Toulouse le 25 avril (6 minutes) et Metz le 2 mai (58 minutes) pour son unique titularisation de la saison. Le bilan est le suivant : 6 matches, un comme titulaire et 115 minutes disputées. AU-delà des chiffres, l’impression visuelle n’est pas bonne. Pogba est lent, lourd, maladroit. Le 15e du Ballon d’Or 2015 et 2018 n’existe plus.
Monaco s’appuie sur cette dure réalité et, comme on l’a appris cette semaine, décide donc de ne pas poursuivre l’expérience. Un choix peut-être renforcé par la gêne ressentie au genou droit (celui opéré en 2022) par l’ancien Turinois depuis le début de l’été. Décidément maudit, Pogba s’est blessé à la cuisse gauche ce mardi, sans qu’on en connaisse encore la gravité. L’ASM devrait lui régler sa dernière année de contrat, un peu plus de 2 millions d’euros selon L’Équipe . Charge ensuite à l’ancien international (91 sélections, 11 buts) de rebondir ailleurs si le cœur lui en dit. Et le corps aussi.
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