Bordeaux, une ville à l’arrêt, entre commerces vidés et réfugiés des incendies


REPORTAGE – Privée de touriste et de vie culturelle, la capitale girondine vit une saison estivale bouleversée, après plusieurs vagues de canicule déjà éreintantes.

Bordeaux respire mal : une odeur âcre de fumée continue de flotter dans la ville, où les terrasses clairsemées du centre-ville ne font pas oublier, à quelques kilomètres de là, les centaines de familles de sinistrés toujours hébergées au parc des expositions, attendant fébrilement de savoir si leur maison tient encore debout. Près de 42 000 hectares sont déjà partis en fumée en Gironde. Et avec eux, l’insouciance de l’été bordelais.

Attablée à la terrasse d’un bar de la place Fernand Lafargue, Emma fait défiler sur son iPhone des vidéos montrant des maisons ravagées par les flammes. Comme beaucoup de Bordelais, elle suit compulsivement les infos. «C’est comme si on y était. C’est tout près de chez nous. On a des amis qui ont été évacués à Saint-Médard-en-Jalles, ils ne peuvent rentrer chez eux qu’aujourd’hui », raconte-t-elle. Si la situation semble s’améliorer, les stigmates sont encore bien présents. « L’odeur de fumée est aujourd’hui moins forte. Vendredi dernier, c’était intenable.»

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