Une mention sur une couverture, une lettre indignée, un mot goguenard : l’histoire méconnue d’une querelle entre deux géants des lettres et du dessin.
Aux Éditions Gallimard, son éditeur, où il travaille depuis 1956, Nimier ne chôme pas. Pendant à droite de Camus, il défend en interne Céline et Paul Morand, guère en cour à Paris depuis la Libération. Sa correspondance témoigne de son dynamisme. Plusieurs lettres par jour, des dizaines écrites à des auteurs, des éditeurs, des amis. Parfois ce sont des billets hâtifs, elliptiques, manuscrits ou tapés par lui. À moins que ce ne soit par son assistante, la fidèle Germaine Mabillotte, qu’il appelle familièrement « Mab ».
Ses correspondants s’appellent en vrac, Louise de Vilmorin, René Clair, Malraux, Jouhandeau, Bernard de Fallois, René Tavernier, Gwenn-Aël Bolloré, tant d’autres. La dévouée « Mab » saisit sans sourciller les propos de Nimier, ne saisissant pas forcément les allusions piquantes dont il truffe ses lettres.
Dans ce flot de lettres écrites en rafales, un correspondant surprend. Georges Rémi, alias Hergé. On n’imagine pas spontanément une relation épistolaire entre le romancier prodigue, lecteur de Dumas et de Retz et le scrupuleux dessinateur belge.
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