Me Malika Chmani s’est exprimé sur RTL ce vendredi matin au lendemain de la découverte d’ossements qui pourraient appartenir à Delphine Jubillar.
Cinq ans et demi après la disparition de son épouse Delphine, Cédric Jubillar a avoué mercredi devant la justice l’avoir tuée et a conduit jeudi les enquêteurs dans une zone agricole du Tarn où il avait dissimulé le corps fin 2020. Des ossements appartenant probablement à Delphine Jubillar y ont été retrouvés.
Malika Chmani est l’avocate des enfants du couple, Louis et Elyah, respectivement âgés de 12 ans et 7 ans. Ils ont été mis au courant de la découverte des ossements hier. «Leur tante leur a parlé. Ça a été le choc pour les deux, il y a eu des pleurs et de l’incompréhension. Ils ont chacun une belle photo de leur maman dans leur chambre, où elle est pleine de vie, et là on parle d’ossements. C’est assez violent», a expliqué l’avocate sur RTL . «Ils seront marqués à vie par absence de leur mère et condamnés à vie à vivre sans elle», a-t-elle poursuivi.
Le témoignage capital de l’aîné
«L’aîné a répété qu’il voulait savoir ce qu’il s’était passé et où était maman. La question qu’il a posée c’est “qu’est-ce qu’il reste de maman ?”», a aussi expliqué Malika Chmani. L’aîné, Louis, ressent aujourd’hui «beaucoup de colère», a détaillé la pénaliste. Il refuse désormais d’appeler son père «papa» et préfère le désigner par son prénom.
L’enfant avait été entendu à plusieurs reprises au cours de l’enquête. Le soir de la disparition de Delphine Jubillar, le 15 décembre 2020, Louis avait tout juste 6 ans. Il avait raconté avoir entendu des cris depuis sa chambre. Il avait également indiqué s’être levé et avoir vu ses parents se disputer violemment dans l’entrebâillement de la porte. L’enfant n’avait pas de doute sur la culpabilité de son père.
Concernant les aveux de Cédric Jubillar, qui a reconnu un «acte abominable» et exprimé «des regrets très forts», Me Chmani a estimé que «c’est important un père qui assume et qui reconnaît les faits». «C’est une très bonne chose pour ses enfants, c’est bien de le dire mais ça ne réparera rien. J’attends de voir le contenu des déclarations de Cédric Jubillar. On a eu cinq ans et demi de dénégations, il va falloir du temps pour qu’on ait confiance», a-t-elle ajouté.
L’avocate a enfin déploré certains mots employés par l’avocat de la défense, qui a évoqué une «énième dispute conjugale» ou le terme de «crime passionnel» . «C’est insupportable, un “crime passionnel” ça n’existe pas. Une “énième dispute”, c’est la faute de Delphine Jubillar ? Ce positionnement ne va pas du tout. Il n’a pas supporté que sa femme puisse le quitter et ça a été intolérable pour lui», a estimé Me Chmani.
Le procès en appel de Cédric Jubillar, condamné en première instance à 30 ans de réclusion pour le meurtre de son épouse, doit débuter le 21 septembre. Mais avec les aveux de l’accusé et la découverte d’ossements, de nombreux actes d’enquête doivent être réalisés d’ici là. La date initiale pourrait donc être reportée.
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