ENQUÊTE – À Tulkarem et Jénine, les chefs des milices palestiniennes ont été tués ou arrêtés. Mais dans les camps éventrés par les bulldozers et les appartements où vivent les familles déplacées, le souvenir des « martyrs » alimente le désir de revanche.
Il n’y a personne dans le cimetière du camp de Nour Shams, à Tulkarem. Entre les mauvaises herbes, les pierres tombales affleurent. Sur quelques-unes, des visages presque adolescents ont été placardés. Les tombes n’ont pas encore été abîmées par le temps. Ces jeunes garçons sont morts en 2023, 2024, 2025 pour la plupart. « Ce sont les combattants du camp. Ils sont tombés en martyrs face à l’occupation israélienne », clame Oussama, 16 ans, qui vend quelques pastèques à l’entrée du cimetière.
Oussama a perdu cinq membres de sa famille, tous des combattants affiliés aux groupes armés qui régnaient sur Nour Shams. Lui aussi est né dans les ruelles étroites du camp de réfugiés : sa famille vient de Haïfa, sur la côte, elle a été chassée par la guerre et les Israéliens en 1948, lors de la première guerre israélo-arabe. Derrière le cimetière, le camp grimpe sur les collines sud de la ville, vide. Depuis l’opération israélienne Mur de fer, en janvier 2025, ses 14 000 habitants en ont été…
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